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Bulletins-électroniques.com, Développement durable, Map News, Le Monde, Terra Eco

vendredi 6 mars 2009

Carbone : demandez le programme des émissions !

Tout le monde contribue aux émissions de carbone. Quand vous prenez une douche ou lorsque vous mangez une orange, et même à cet instant précis. Certaines activités émettent plus que d’autres et c’est justement ce que l’on veut changer, puisque le CO2 rejeté par les activités humaines serait un des responsables du réchauffement climatique. Pour ce faire, une petite gamme d’outils est mise à disposition : le Bilan Carbone qui permet d’évaluer le montant de sa facture CO2 ; le Marché Européen du Carbone sur lequel les entreprises vendent ou achètent le droit d’émettre du CO2 ; la Taxe Carbone prélevée sur les émissions des ménages, administrations et entreprises. Que ce soit sur le continent européen ou américain, le carbone est déjà au centre de toutes les attentions... et des discussions, car on est actuellement loin d’un consensus international sur la question.

Développé par l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie (ADEME) en 2002, le Bilan Carbone (ou bilan CO2) permet d’évaluer les émissions, directes et indirectes, mesurées par activité ou à l’échelle d’un territoire. Tous les acteurs de la chaîne de vie d’un produit sont concernés, et pas seulement le producteur. Son application peut aussi bien concerner la chaîne de production d’un article de magasin, ou les activités d’une collectivité locale voire d’une unique personne. Précisons qu’il ne faut pas le confondre avec les bilans d’émission de Gaz à Effet de Serre (GES), dont le CO2 n’est qu’un gaz parmi d’autres. Le Bilan Carbone n’est en revanche ni très répandu ni très utilisé, et reste pour l’instant une spécificité européenne.

Les supermarchés affichent le bilan

Prenez l’Allemagne, par exemple : le projet "Product Carbon Footprints" a permis de réaliser le Bilan Carbone de 15 produits consommés régulièrement. Bulletins-électroniques.com (un service du Ministère des Affaires Etrangères) livre quelques résultats : entre 50 à 101g de CO2 pour une tasse de café (selon la préparation du café par le consommateur) ; 442g pour une barquette de fraises en provenance d’Espagne ou encore 2,5kg pour un paquet de dix rouleaux de papier toilette. Cherchez l’erreur...
Ces indications, les centres Leclerc commencent à les mentionner : en avril 2008, deux magasins tests du Nord de la France présentaient non seulement un double étiquetage prix/bilan carbone mais également l’indication du bilan carbone des achats des clients sur leurs tickets de caisse, selon Map News, qui ajoute que le groupe Casino s’engouffre à son tour dans la brèche. Sur plus de 300 articles, depuis la fin de l’année 2008, la quantité de CO2 nécessaire pour obtenir 100g dudit produit est désormais affichée. A terme, le groupe envisage d’appliquer cet étiquetage à 3000 de ses articles vendus en magasin. Si l’on perçoit l’intérêt à sensibiliser le consommateur pour que celui-ci participe - à terme - à l’endiguement du réchauffement climatique, il convient de ne pas être naïf : il y a là un moyen nouveau d’influencer le choix du client en valorisant certains produits (ou au contraire en les dénigrant). Gare à la récupération de la taxe carbone pour les stratégies marketing !

Un marché pour réguler le carbone ?

Aux Etats-Unis, le carbone pourrait de manière surprenante contribuer à financer l’aide sociale. Barack Obama vient en effet d’annoncer la création d’un marché du carbone, qui devrait être opérationnel d’ici 2012. Son organisation est assez simple. Les entreprises auront un seuil maximal d’émission de CO2, et lorsqu’elles pourront émettre en deçà de ce seuil, la différence sera vendue aux firmes qui émettront plus que prévu. Les seuils devant par ailleurs être ponctuellement revus à la baisse. La Maison Blanche estime ainsi que le marché « générera alors 80 milliards de dollars chaque année » lit-on dans Le Monde. Sur ces 80 milliards, 65 seront reversés sous forme d’aide sociale ou comme subvention aux entreprises « énergétiquement propres », et 15 milliards iront aux « technologies pour une énergie propre ». Le Monde indique toutefois que cette annonce intervient alors que le marché européen du carbone est au plus bas, avec une perte de valeur de plus de 60 % depuis juillet 2008. Une conjoncture économique qui mettrait à plat l’annonce faite par le président américain ? Pas si sûr, car les analystes estiment que la mise en vente en 2012 des quotas d’émission de CO2 accordés aux entreprises devrait, à moyen terme, relever le prix du marché.

Changement de coucou ?

Jusque là sous-utilisé en France, le Bilan Carbone pourrait être remis au goût du jour, notamment à l’issue de l’annonce, par Nicolas Sarkozy, du remplacement de la taxe professionnelle par une taxe carbone. Mais qu’est-ce que la taxe carbone ? Pour le site Développement Durable c’est une « fiscalité sur tous les combustibles fossiles : pétrole, charbon, gaz naturel... ». La taxe serait à « taux variable [dépendant] du contenu en carbone dudit combustible ». L’objectif étant bien sûr de réduire les émissions de CO2, ladite taxe devrait à terme ne plus avoir raison d’être (quoique, la CSG devait être elle aussi provisoire). A titre pédagogique, calculons donc avec le magazine Terra Eco, le Bilan Carbone des déplacements de Nicolas Sarkozy : avec 324 595 km parcourus en avion, représentant 7100 tonnes équivalent CO2, il se classe 3e derrière Angela Merkel et Gordon Brown. Terra Eco précise toutefois que « si Nicolas Sarkozy avait effectué tous ses déplacements à l’étranger à bord de son futur gros porteur, sa facture écologique aurait atteint plus de 12 500 tonnes, loin devant Gordon Brown ». La mise en place de la taxe carbone donnera-t-elle envie à l’Elysée de changer de coucou ?

Revue de presse de la Mission Agrobiosciences. 6 mars 2009.

Sources :

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