Accueil > Archives > Associated Press, Le Vif, Le Figaro, Marianne, La Dépêche du Midi, Le (...)

Associated Press, Le Vif, Le Figaro, Marianne, La Dépêche du Midi, Le Parisien

vendredi 22 janvier 2010

Accroissement de la précarité en France et en Europe : quand la pauvreté fait campagne

Si l’année 2010 a été proclamée par l’Organisation des Nations Unies année de la biodiversité, elle sera aussi, en Europe, celle de la lutte contre la pauvreté et l’exclusion. Et pour cause : la situation est de plus en plus préoccupante sur le vieux continent. En témoigne les chiffres publiés lundi par Eurostat, l’office statistique de l’Union Européenne (UE), qui indiquent que, au sein de l’UE, 80 millions de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté. En témoigne également, en France, l’accroissement du nombre de bénéficiaires de l’aide alimentaire : rien que cette année, les restos du cœur vont accueillir 100 000 personnes supplémentaires. Au-delà des chiffres, une autre réalité se fait jour : la précarité touche tout autant sinon plus les ruraux que les urbains, au premier rang desquels les agriculteurs. Etat des lieux de ces questions dans la presse.

Des chiffres "intolérables"

« 17% des habitants des 27 pays membres de l’UE sont "menacés" de pauvreté ». C’est ce que révèle Eurostat, l’office statistique de l’UE, dans une étude publiée lundi et que détaille l’Associated Press. Parmi les catégories les plus vulnérables, on trouve les personnes âgées et les enfants pour lesquels le « risque de pauvreté » atteint 20%. Autre chiffre tout aussi criant, rapporté cette fois par le journal Le Vif : « 30 millions de personnes sont sous-alimentées au sein de l’UE » dont la population totale vient de dépasser, au 1er janvier 2010, les 500 millions.
Face à ce constat, l’UE a déclaré l’année 2010 « année européenne de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale ». A l’occasion du coup d’envoi, donné ce jeudi 21 janvier à Madrid, José Manuel Barroso, le président de la Commission européenne, a qualifié ces chiffres, d’« intolérables » et appelé les états membres à une « une mobilisation générale » (Le Figaro).

Le mythe des campagnes se fissure

Si en France, le taux de pauvreté est inférieur à la moyenne de l’UE – 13% -, la situation n’est guère plus réjouissante. Outre les données relayées par les associations d’aide alimentaire, un rapport de l’Igas, l’Inspection générale des affaires sociales, rendu public en décembre 2009, montre que la « France des champs » est plus pauvre que la « France des villes ». Détaillé par Gérald Andrieu pour Marianne, le rapport jette un froid sur « le mythe de la vie au grand air et du retour à la terre ». Touché par les réductions d’emploi dans l’industrie ou l’agriculture, le taux de pauvreté, en 2006, s’élève à 13,7% dans l’espace rural contre 11,3% en milieu urbain. Un chiffre qui frôle même les 20% dans certaines régions du centre et du sud de la France. Cette paupérisation, précise le rapport, touche aussi bien les « agriculteurs, les personnes victimes de la désindustrialisation, les personnes âgées, les jeunes sans qualification » que les « néo-ruraux ». Ainsi, ces derniers seraient victimes d’une image idéalisée de la ruralité et auraient de fait mésestimé certains facteurs comme le coût de la mobilité, la rareté de l’emploi ou la difficulté d’accès aux services tels que les logements sociaux. Aujourd’hui, ils en payent le prix fort.

Un salaire de misère

Les agriculteurs également. Deux quotidiens se font écho des difficultés financières rencontrées par le secteur agricole. La profession a connu, en 2009, une chute vertigineuse de ses revenus : 34% en moyenne. Dans un entretien publié par la Dépêche du Midi, Jean-Louis Cazaubon déclare à cet égard « n’avoir jamais connu de pire année ». Le président de la Chambre régionale d’agriculture de Midi-Pyrénées revient ainsi sur cette baisse des revenus qui n’épargne aucun secteur, de l’élevage à la culture, sans oublier le lait. En cause, selon lui, la « dérégulation » des marchés agricoles, la volatilité des prix et l’organisation des filières qui « pressurent les producteurs ».
De son côté, Le Parisien s’interroge sur les effets de cette chute et dresse un bilan de la paupérisation grandissante du secteur. Dans un entretien au quotidien, le sociologue François Purseigle indique que « 55 000 ressortissants du monde agricole vivent grâce aux minima sociaux tels que le revenu de solidarité active (RSA), l’aide aux parents isolés (API). ». Ce n’est pas tout. Car si la pauvreté touchait, hier, essentiellement les personnes âgées, notamment les femmes d’agriculteurs, elle s’étend aujourd’hui aux jeunes qui, outre une diminution des revenus, doivent également faire face à des problèmes d’isolement. Et, face à ce constat, François Purseigle d’affirmer : « Personne ne veut voir la misère agricole ».

Une misère qui va grandissante en milieu rural comme milieu urbain, en France comme en Europe et que l’année européenne de luttre contre la pauvreté et l’exclusion nous convie à regarder en face.

Revue de presse de la Mission Agrobiosciences, vendredi 22 janvier 2010

Sources :

Top