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Associated Press, L’Express, Le Figaro, Le Monde, 20 minutes

jeudi 12 mars 2009

Barack Obama amnistie les cellules souches.

Barack Obama continue d’enterrer les mesures de son prédécesseur. Georges W. Bush avait en effet cadenassé, huit ans auparavant, tout financement public en faveur de la recherche sur les cellules souches embryonnaires. Lundi 9 mars, l’actuel président américain a rétabli ces subventions que l’État pourra accorder aux laboratoires de recherche... sous quelques restrictions qu’il reste à préciser. Immédiatement, la communauté des chercheurs américains réagissait très favorablement, tandis que du côté du Vatican, l’heure était davantage à la condamnation ferme et unilatérale. Quels enjeux recouvrent les cellules souches pour créer un tel ramdam médiatique ?

Mais d’abord de quoi parle-t-on ? L’Express nous dit que les cellules souches « sont une forme primitive de cellules capables d’évoluer en toutes sortes de composants de l’organisme : neurones, fibres musculaires, globules rouges... ». Ce sont donc les cellules à la base du développement d’un organisme - humain ou animal - capables de se différencier au cours de leur évolution (d’où l’appellation "pluripotentes"), mais également pouvant s’autorenouveler de manière infinie. Ces cellules sont appelées ES (Embryonic Stem cells). Néanmoins, ce qui fait débat concerne plus spécifiquement l’extraction de ces cellules dans le cadre de la recherche scientifique. Il faut en effet savoir qu’elles se forment 4 à 5 jours après la fécondation, et doivent être ensuite extraites de l’embryon - détruit lors du procédé - puis "cultivées" en laboratoire afin de se développer différemment (organes, tissus...). Et là, tout le monde n’est pas d’accord.

Un débat cloisonné

« Pour Mgr Elio Sgreccia, un spécialiste de la bioéthique au Saint-Siège, la décision d’Obama est avant tout motivée par des raisons financières et la recherche du profit » lit-on dans L’Express. Le ton monte plus haut du côté des conservateurs américains : « l’argent des contribuables ne doit pas servir à détruire des vies humaines innocentes, a réagi John Boehner, chef de file de la minorité républicaine à la Chambre des représentants ». Du côté des scientifiques américains on « s’extasie déjà de la concrétisation d’une des promesses de campagne [de Barack Obama] » indique Le Monde. Ceux-ci avaient en effet l’impression « d’opérer avec une main dans le dos », le gel du financement fédéral ayant forcé la recherche à se retrancher « dans le domaine privé ou s’est résolue à être financée par les états [fédérés] ». Le Figaro quant à lui rappelle les principales maladies ou atteintes physiques que la recherche sur les cellules souches pourrait permettre d’expliquer ou de guérir : les attaques cérébrales, la réparation des muscles du cœur et la production de cellules sanguines. Joe Korner, de la Stroke Association (un organisme anglais de lutte contre les attaques cérébrales), reste toutefois prudent : « il faudra du temps et des travaux supplémentaires pour les premiers essais chez l’homme ».

Des cellules pas si salubres que ça...

Comme souvent, le débat ne se résume pas à l’opposition séculaire entre la science et la religion. L’utilisation des cellules souches est au centre d’autres polémiques, notamment le clonage thérapeutique et le développement de cancers. Associated Press, en février 2009, relayait le cas d’un adolescent israélien ayant développé une tumeur suite à un traitement basé sur des greffes de cellules souches. Mais le président américain se veut rassurant : « nous allons édicter des règles très strictes que nous ferons appliquer avec rigueur, parce qu’on ne peut tolérer ni détournement ni abus » lit-on dans L’Express. « Maintenant vient la partie difficile : créer une politique cohérente et des garde-fous éthiques » résume limpidement Le Monde. Rendez-vous donc dans quatre mois - échéance fixée par M. Obama à l’Institut National de la Santé - pour connaître l’encadrement précis et les orientations de recherche concernant les cellules souches.

Et en France, où en est-on ?

Ce sont les lois sur la bioéthique qui réglementent la recherche sur les cellules souches embryonnaires. Hormis des exceptions de recherche « "susceptibles de permettre des progrès thérapeutiques majeurs" et s’il n’existe pas de "méthode alternative d’efficacité comparable" », toute recherche sur les cellules couches embryonnaires humaines est interdite, indique 20 minutes. Le quotidien précise d’ailleurs que les exceptions sont rares : « entre 2004 et 2008, 57 dérogations ont été autorisées ». Le clonage thérapeutique, c’est-à-dire la reproduction à l’identique de cellules souches issues d’une personne malade - dans le but de les lui greffer une fois l’anomalie génétique supprimée - est également interdit. Notons que la loi de bioéthique est réexaminée tous les 5 ans, et la dernière version datant de 2004, une nouvelle mouture sera examinée à la fin de l’année 2009, mais seulement après les états généraux de la bioéthique qui auront lieu tout au long de l’année.

Revue de presse de la Mission Agrobiosciences. 12 mars 2009.

Sources :

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