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Associated Press, iPolitics, Reason Magazine, 1er juillet 2011

vendredi 1er juillet 2011

Saga du saumon transgénique américain : nouvel épisode
La revue de presse de la Mission Agrobiosciences, 1er juillet 2011

Nouvel épisode de la saga du fameux saumon transgénique – le Frankenfish pour certains opposants- en attente d’autorisation de commercialisation aux Etats-Unis, proposé par la Mission Agrobiosciences, sur la base de trois articles issus de Associated Press [1], iPolitics [2] et Reason Magazine [3], sélectionnés et traduits par le Meridian Institute [4].

C’est cette année que la FDA (l’Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux) doit décider s’il faut autoriser ou non la mise sur le marché du saumon génétiquement modifié (GM)à croissance rapide développé par AquaBounty Technologies.
Le poisson se développant deux fois plus vite que la variété naturelle serait le premier animal GM à être déclaré propre à la consommation humaine. Alors que, longtemps, le projet a semblé couler de source, le dossier fait des vagues depuis quelques mois. Au point que la Chambre des représentants américaine vient d’approuver un projet de loi de crédits agricoles, assorti d’un amendement interdisant effectivement à la FDA d’approuver le « fameux » salmonidé.
Un amendement proposé par Don Young, le Représentant républicain de l’Alaska, et voté par acclamation, au motif que l’animal allait concurrencer, voire décimer, la population sauvage, notamment dans son Etat. Comment ? Par le biais du croisement entre la bête manipulée avec des espèces sauvages – ce que certains appellent « l’effet gène de Troie ».
Sauf qu’une recherche récente conclut que ces animaux transgéniques présentent un inconvénient sélectif par rapport à leurs cousins sauvages : le transgène serait éliminé par sélection naturelle. Bref, le risque de préjudice serait faible.
Mieux, Aquabounty, qui est sur des charbons ardents – elle développe ce saumon transgénique depuis plus de 20 ans-, a pris une batterie de mesures censées calmer les esprits : 1) elle a rendu les poissons stériles et tous femelles ; 2) elle prévoit de les élever dans des réservoirs d’eau douce au Panama - dont les eaux sont dépourvues de saumon ; 3) seulement alors, elle pourra les transporter aux Etats-Unis pour la vente.
Reste que les anti-saumons transgéniques ne désarment pas. Leur autre cheval de bataille ? La potentielle allergénicité de la bêbête. Faux, rétorquent les soutiens d’AquaBounty. Selon le Comité consultatif sur la médecine vétérinaire de la FDA, aucune différence pertinente sur le plan biologique n’existe entre le saumon conventionnel et le saumon GM, tant sur le plan de la nutrition que sur celui de l’allergénicité.
Et voilà que des ténors du développement commencent à plaider, sur fond de patriotisme, en faveur du poisson génétiquement modifié. A l’instar de Calestous Juma, professeur de développement international à l’Université de Harvard [5]], qui a déclaré : « Les Etats-Unis sont un phare dans le domaine de la biotechnologie agricole et un important modèle pour les pays du monde entier qui cherchent à répondre aux défis alimentaires mondiaux. C’est grâce au leadership des Etats-Unis que les pays africains commencent à adopter la biotechnologie agricole. "
Le professeur s’insurge donc contre l’amendement voté par la Chambre des représentants « qui empêchera effectivement la FDA de mener à terme son évaluation de sécurité du premier poisson comestible utilisant cette technologie ». Et précise : « Ce n’est pas ce poisson particulier qui est en jeu. C’est le principe qui (…) envoie au reste du monde le message selon lequel la supervision réglementaire fondée sur la science, incarnée par le processus d’examen de la FDA, est assujettie à l’intervention politique ».
Bref, pression contre lobby, ce vote de la Chambre des représentants ne sera-t-il qu’un coup d’épée dans l’eau ? Affaire à suivre...

Sur les biotechnologies et le saumon transgénique, on peut lire aussi sur le site de la Mission Agrobiosciences :


[4Voir le site du Meridian Institute, un service d’information quotidien, disponible gratuitement par e-mail ou en ligne, sur l’actualité de la sécurité alimentaire et de la biotechnologie agricole

[5C. Juma est le directeur du Projet Innovation agricole en Afrique de Harvard, financé par la Fondation Bill et Melinda Gates. Et l’auteur du rapport intitulé La nouvelle moisson : l’innovation agricole en Afrique] (New Harvest : Agricultural Innovation in Africa), Editions Oxford University Press, janvier 2011

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