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Agro-media, Les Echos, Process alimentaire

mardi 26 avril 2011

Industries agroalimentaires : l’Allemagne, nouveau "number one"

C’est le site Agro-media qui nous le dit : l’Allemagne est devenue une « superpuissance agroalimentaire ». Comprenez que si, pendant longtemps, elle est restée derrière la France en termes de production et de poids des exportations agroalimentaires, elle vient de détrôner cette dernière, la reléguant ainsi à la quatrième place du "top five" des pays exportateurs mondiaux, derrière les Etats-Unis et les Pays-Bas. C’est que, de manière plus générale, le secteur agroalimentaire français peine à retrouver la dynamique qu’il avait avant la crise de 2008. Et même si ce dernier reste le secteur industriel qui a le mieux résisté à la crise, le contexte actuel d’une persistance des tensions sur les marchés agricoles et alimentaires mondiaux, appelle à repenser les stratégies existantes. Focus dans cette revue de presse de la Mission Agrobiosciences.

"Wonder" Allemagne
Selon les données relayées par Agro-Media, la part de marché des exportations allemandes de produits agroalimentaires en zone euro n’a cessée de croître depuis une quarantaine d’années. En 1967, celle-ci s’élevait à 7,5% environ : elle avoisine désormais les 20%. Pour la France, la tendance est toute autre. Après avoir largement dominées le secteur – plus de 25% des parts de marché entre 1970 et 1990 -, les exportations françaises de produits agroalimentaires ont décliné, pour finalement, être surpassées par les productions allemandes. Et l’Allemagne de devenir la nouvelle surperpuissance agroalimentaire d’Europe. Signe tangible de cette inversion des rôles, la multiplication, en France, des enseignes Hard discount allemandes (Aldi ou Lidl) qui « représentent pas moins de 7% des ventes totales de la distribution française ».
Pour Agro-media, plusieurs raisons expliquent ce renversement de tendance. Parmi les différents facteurs évoqués dans l’article, on peut notamment citer ces trois aspects. Le premier est d’ordre conjoncturel : alors que « les volumes de productions français stagnent, l’industrie agroalimentaire allemande connaît au contraire une véritable croissance ». Le second tient dans le type de stratégies respectivement choisi par les industries agroalimentaires allemandes et françaises. Sans entrer dans les détails, précisons que les entreprises allemandes ont largement misé sur l’export pour assurer leur croissance. Enfin, le coût du travail est bien moindre en Allemagne qu’en France, ce qui offre au premier « un autre avantage compétitif non négligeable ».

"Calamity" France
Dans une certaine mesure, ce retournement de tendance est également le reflet des difficultés rencontrées actuellement par l’industrie agroalimentaire française. Fin mars, l’Ania - l’Association nationale des industries alimentaires – présentait le bilan 2010 de ce secteur, et dressait les perspectives à venir pour 2011. Un bilan mitigé comme le rapportent les Echos et Process alimentaire.
Commençons par les aspects positifs. Alors que le secteur industriel dans son ensemble a subi en 2010 les contrecoups de la crise économique (recul de l’emploi de 4,8%), l’agroalimentaire a « globalement maintenu ses effectifs » (recul de 0,6%). Par ailleurs, celui-ci reste, dans l’Hexagone, le premier secteur industriel, et le deuxième employeur avec 477 000 salariés. De ce point de vue là, il a plutôt mieux résisté que les autres à la crise.
Reste que la situation n’est pas rose pour autant, loin de là. Car la crise a tout de même laissé des traces, comme l’explique Valérie Landrieu dans Les Echos : « avant la crise de 2008, le secteur avait adopté un rythme de progression annuelle de son activité de 5%. En 2009, il a enregistré une baisse de 7% et n’a pas pu rattraper son retard en 2010 ». Dans ce contexte, près de 300 à 400 PME - soit 20% des 10 000 entreprises que compte ce secteur - restent encore aujourd’hui dans une situation économique fragile. Ceci est d’autant plus vrai que les perspectives à venir n’ont rien de réjouissant. Process alimentaire rappelle ainsi que 2010 marque « le retour de la hausse des prix des matières premières, du pétrole, des emballages, et de l’énergie ». Pour le président de l’Ania Jean-René Buisson, loin d’être anecdotique, cette tension sur les marchés premières agricoles devient un « phénomène structurel » qui appelle une adaptation des modes de fonctionnement. Parmi les pistes évoquées par ce dernier, un « système d’assurance pour les agriculteurs et une plus grande souplesse des prix de vente aux consommateurs. » (cité par Les Echos).
De manière plus globale, face à ce bilan « morose », l’industrie agroalimentaire va devoir multiplier les pistes de réflexion si elle veut conserver sa place. Le président de l’Ania identifie plusieurs leviers d’action : « l’export » ; « l’organisation collective » et la mutualisation des moyens », avec par exemple le regroupement de marques. Selon lui, ce dernier aspect, qui jusque-là a fait défaut, devient incontournable dans le contexte actuel pour, notamment, faire le poids face à la distribution. Ce n’est pas tout. « Dans l’alimentation aussi, l’innovation est le nerf de la guerre », indiquent Les Echos. « Pour faire cesser les imitations intempestives de produits de la part des distributeurs, l’Ania tente en ce moment de faire mettre en place un système de protection ». To be continued...

Revue de presse de la Mission Agrobiosciences, 26 avril 2011

Sources :

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