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Afriknews ; La presse de Tunisie. Articles issus de la revue de presse mensuelle du Ciheam, janvier 2012.

mercredi 1er février 2012

Agriculture. La révolution tunisienne a-t-elle porté ses fruits ?

Au lendemain de la chute du régime de Ben Ali le 14 janvier 2011, Mohamed Elloumi, agro-économiste à l’Institut national de la recherche agronomique de Tunisie (INRAT), expliquait, dans un entretien publié par la Mission Agrobiosciences, pourquoi le mouvement révolutionnaire était parti de Sidi Bouzid, cette ville fortement marquée par l’agriculture et le rural.
Détournement des aides, maintien de prix bas à la production, absence d’encadrement des ressources naturelles tout particulièrement de l’eau... « Le monde rural a été l’un des grands laissés pour compte de la politique » [du régime de Ben Ali] indiquait le chercheur. Ainsi, à Sidi Bouzid, comme dans d’autres villes rurales de l’Ouest à vocation agricole telles que Kasserine, Jendouba ou Le Kef, les populations ont vu, au fil des ans, le taux de chômage croître à mesure que leurs conditions de vie se dégradaient. Qu’en est-il aujourd’hui ? Réponses dans cette revue de presse de la Mission Agrobiosciences.

« Cela fait un an que l’ancien régime est tombé et rien n’a changé »
Ainsi pourrait-on résumer le sentiment général qui prévaut actuellement en Tunisie selon le quotidien Afriknews et que partagent les agriculteurs. Dans un article intitulé « Un avenir incertain pour l’agriculture tunisienne » daté du 28 décembre dernier, le quotidien prend le pouls du secteur, depuis la chute du régime. Rappelant son poids non négligeable dans l’économie du pays (12% du produit intérieur brut), le journal indique que l’agriculture demeure « un secteur d’avenir qui pourrait contribuer à la réalisation des équilibres économiques, à la création d’emplois, au développement régional et à la garantie de la sécurité alimentaire ».
Reste que ce dernier « a été l’un des plus touchés par la révolution » et qu’il se trouve aujourd’hui confronté à une forte augmentation du prix des matières premières. C’est ce qu’explique Salima Marzouki, agricultrice à Manouba : « la hausse des prix des intrants […] et des matières premières a participé à la hausse du coût de production, ce qui a mis dans l’embarras financier plus d’un agriculteur ».
Pour d’autres, les difficultés actuelles découlent de la politique conduite « par l’Etat depuis des années et qui consiste à fixer les prix minimum des produits ». Rappelons ici que cette politique, pensée à destination des consommateurs urbains au détriment des agriculteurs, a eu un impact très délétère sur les activités d’élevage qui ont vu notamment en 2008, avec la hausse du prix des céréales, leur coût de production flamber, alors que le prix d’achat restait inchangé.

Perspectives d’avenir
A en croire Afriknews, si ce sont la colère et la tristesse qui prédominent chez les agriculteurs, le secteur ne se porte pourtant pas si mal que cela. Ne serait-ce qu’au regard du montant des investissements privés qui sont restés stables : « 266.8 millions de dinars jusqu’au mois de septembre 2011, contre 267.5 millions au cours de la même période de l’année 2010 ». Surtout, plus de la moitié de ceux-ci sont destinés aux gouvernorats de Sidi Bouzid, Kasserine, Mahdia, Sfax, Bizerte et Béja, dont certains ont payé, sous Ben Ali, le prix fort du désengagement de l’Etat dans le secteur agricole et rural.
Pour ces derniers, la situation tendrait-elle à s’inverser ? Afriknews le suggère ; "La presse de Tunisie" le confirme. Le quotidien dresse un panorama des investissements dans les régions du Nord, du Sud Ouest et du centre de la Tunisie, celles-là même, rappelle l’article, qui ont gravement souffert du déséquilibre régional, et qui étaient entrées dans la spirale infernale du chômage et de la paupérisation.
De prime abord, l’article indique que « la situation économique actuelle des régions intérieures n’est pas rassurante », les investissements dans ces zones accusant une baisse de 0.7% sur les onze derniers mois. Néanmoins, une analyse plus attentive des chiffres révèle une certaine « effervescence ». Deux exemples parmi d’autres : Sidi Bouzid et Kasserine.
Dans le premier gouvernorat, la « valeur des investissement déclarés est passée de 33.9MD [onze derniers mois de 2010] à 130.8 MD [onze derniers mois de 2011]. La plus grande déclaration concerne la création d’une unité de transformation de lait et dérivés pour un montant de 28.5 MD ».
Même tendance dans le second. Entre 2010 et 2011, la valeur des investissements a fait un bon de… 178.5% ! Ici ce n’est pas le secteur laitier mais celui des fruits et légumes qui est concerné, avec la création d’une conserverie de tomates et de fruits bios. A la clé : des emplois pour les jeunes de la région.

Tout n’est donc pas noir... Reste, comme le conclut très justement l’article, à transformer ces investissements encore à l’état de projets en de véritables promesses d’avenir.

Revue de presse de la Mission Agrobiosciences, 1er février 2012

Sources :

  • Un avenir incertain pour l’agriculture tunisienne, Emma Amdouni, Afriknews, 28 décembre 2012.
  • Economie tunisienne : assainir pour stimuler les investissements, Chokri Gharbi, La presse de Tunisie, 3 janvier 2012.
    Ces deux articles sont extraits de la revue de presse de janvier 2012 du Ciheam – Centre International de Hautes Etudes Agronomiques Méditerranéennes. Accéder au document

Lire sur le magazine Web de la Mission Agrobiosciences (publications originales accessibles gratuitement)  :

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