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jeudi 22 janvier 2009

Cruiser et frelon asiatique : les apiculteurs piqués au vif.

Le Cruiser va-t-il faire son apparition dans nos champs ? Utilisé pour protéger les semences de maïs des taupins, cet insecticide vient d’être à nouveau homologué pour les six prochains mois par le ministère de l’Agriculture. Reste que cette autorisation n’est pas au goût de tous puisque l’Unaf (Union nationale de l’apiculture française) a annoncé qu’elle allait saisir le Conseil d’Etat pour annuler la décision. En 2008, le syndicat avait entamé la même procédure, toujours en cours, à l’encontre de ce produit. Implicitement, c’est la question des causes de l’effondrement des colonies d’abeilles qui resurgit.

Cruiser : une toxicité toujours en question

L’affaire n’est pas nouvelle. En 2008, « l’homologation du Cruiser avait été donnée en France sur la base de "la reconnaissance mutuelle avec l’Allemagne", en application d’un principe de droit international » explique l’AFP. Mais depuis, contrairement à la France, l’Allemagne est revenue sur l’autorisation du Cruiser, comme l’Italie et la Slovénie, au motif de la forte toxicité de cette famille de produit sur les abeilles. Un argument également avancé par Henri Clément, président de l’Unaf, pour qui « la situation préoccupante des abeilles est due à différentes causes, mais dans la hiérarchie, les pesticides neurotoxiques sont les principaux responsables » (AFP).
De son côté le ministère de l’Agriculture précise que sa décision s’appuie sur un « avis favorable de l’AFSSA (Agence française de sécurité sanitaire des aliments) et que l’utilisation de ce pesticide est strictement encadrée ». En outre, le quotidien gratuit Metro rappelle que cette autorisation sera accompagnée d’un suivi de l’impact du Cruiser sur les abeilles, par le biais d’un comité associant aux pouvoirs publics « tous les acteurs de la filière apicole et les associations ». Pour sa part, l’Unaf met en doute l’efficacité des tests réalisés dans le cadre de ce suivi.

Les abeilles se cachent pour mourir

Il faut dire que la situation est inquiétante. En 2008, de nombreuses ruches ont été perdues. D’après Actu-Environnement « dans certaines régions comme Rhône-Alpes ou l’Alsace, ces mortalités ont pu atteindre 30% du cheptel voire plus ». Depuis la fin des années 90, les abeilles sont en effet touchées par le « syndrome d’effondrement des colonies d’abeilles », caractérisé par des disparitions massives, les abeilles ne revenant pas à la ruche. Un quart du cheptel des ruchers aux Etats-Unis aurait ainsi disparu durant l’hiver 2006-2007. Et si l’usage de certains pesticides est l’une des raisons évoquées, d’autres hypothèses sont avancées afin d’expliquer ce phénomène mondial : des virus, le parasitisme ou encore des facteurs environnementaux non décelés qui perturberaient l’orientation des abeilles.

Vespa Valutina : tueur d’abeilles

Parmi elles, L’Express choisit de nous parler d’un de leurs prédateurs, arrivé en France trois ans auparavant : le frelon asiatique, ou Vespa Valutina. Il « détruit désormais des ruches sur un tiers du territoire national, du Languedoc-Roussillon à la Creuse en passant par la Charente ». L’Unaf cherche à faire classer l’insecte comme « nuisible » auprès des autorités. Toujours dans l’Express, Henri Clément s’alarme : « Il suffit d’une dizaine de frelons pour anéantir une ruche en l’espace de quelques jours ». Si le nombre précis de nids est n’est pas établi (entre 4000 et 6000 lit-on dans le journal), le frelon progresse « de 100 à 150 kms par an », indique l’Express. « Une prolifération qui nous inquiète beaucoup », note Raymond Saunier, secrétaire général de l’Unaf. La propagation du frelon asiatique n’intervient pas au bon moment, alors que les abeilles continuent de disparaître et qu’aucune réponse satisfaisante n’a été trouvée concernant le syndrome d’effondrement des colonies d’abeilles.

Revue de presse de la Mission Agrobiosciences. 22 janvier 2009.

Sources :

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