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vendredi 8 avril 2011

Crise économique : l’agriculture grecque tire son épingle du jeu

Dans l’une de ses précédentes revues de presse, la Mission Agrobiosciences se faisait l’écho d’un impact insoupçonné de la crise financière de 2007 : celle-ci a « accéléré le transfert du pouvoir économique en faveur des pays émergents ».
Dans la presse de ce jour, une autre dimension apparaît. Alors que le Portugal vient officiellement de demander une aide de l’Union européenne et du FMI, que l’on craint « un risque de contagion de la dette à d’autres pays de la zone euro » comme l’Espagne ou la Belgique, une étude révèle ceci : en Grèce, le tout premier pays touché, la crise économique a profité au secteur agricole. Explications.

Un secteur en nette progression
Les faits sont là. Selon une étude réalisée par la Confédération des agriculteurs grecs (Paseges), l’emploi dans le secteur agricole a progressé, dans ce pays, de 7% entre 2008 et 2010. Si l’information peut paraître anecdotique de prime abord, elle est pourtant intéressante à plus d’un titre. En premier lieu, peut-être faut-il rappeler que l’agriculture représente, en Grèce, le deuxième secteur d’emploi, derrière le commerce. Mais alors que ce dernier, comme le tourisme, se trouve encore confronté aux difficultés engendrées par la crise, l’agriculture, elle, relève la tête. Et gagne 38 000 nouveaux emplois, un détail non négligeable lorsque l’on sait que le chômage touche désormais 14,8% de la population active. C’est là le deuxième élément à noter. Comme le rappellent les Echos, en "2000, l’agriculture occupait près de 17% de la population active du pays avant de baisser à 11.33% en 2008, puis de rebondir à 12.56% en 2010".

Les analystes s’arrachent les cheveux
Qui sont-ils donc ceux que l’on nomme les "nouveaux agriculteurs" ? De nouveau, l’étude révèle des choses assez surprenantes. Car ces nouveaux agriculteurs sont majoritairement des personnes âgées… de 45 à 64 ans. « Pour les analystes », peut-on lire dans Courrier International, « c’est un cas d’école, la mobilité étant le propre des moins de 40 ans ». L’article dresse un portait de ces individus qui, face à la crise, optent pour un changement de vie. D’un côté, fort de l’impossibilité de poursuivre leur carrière, certains urbains "quadra" quittent les grandes métropoles pour se consacrer, par exemple, à la culture des plantes aromatiques. De l’autre, face à la diminution des pensions, quelques retraités complètent leurs revenus en cultivant olives et oranges. Il s’agit là d’un aspect saillant du phénomène : ces nouveaux agriculteurs ne cherchent pas toujours à faire carrière, plutôt à améliorer leurs revenus.
Ce n’est pas tout. Outre les individus « d’âge mûr », l’étude montre que les jeunes se tournent aussi vers le secteur agricole, faute d’autres débouchés.

Du plouc au professionnel sérieux
Mais le fait le plus marquant reste sans doute celui-ci : le regard posé sur la profession agricole a changé du tout au tout. « Je voyais çà comme un cauchemar, comme la pire des choses qui puisse m’arriver » indique l’un de ces "nouveaux agriculteurs". On apprend ainsi, toujours à la lecture de Courrier International, que « traditionnellement, l’activité agricole était classée dans la catégorie des emplois précaires. Mais en temps de crise, tout change. (…) Pour la première fois en Grèce, le paysan n’est plus étiqueté comme un inculte, un grossier personnage aux capacités intellectuelles limitées. Aujourd’hui c’est un professionnel sérieux qui sait ce qu’il veut ». A la lecture de ces quelques lignes, il est permis de dire que, parfois, la crise a du bon.

Revue de presse de la Mission Agrobiosciences du 8 avril 2011

Sources :

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