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AFP, Actualité News Environnement, Rue89

jeudi 9 avril 2009

Bisphénol A dans les biberons : sans danger selon l’AFSSA

En mai 2008, le gouvernement canadien interdisait la vente de biberons contenant du Bisphénol A, un composé chimique soupçonné d’être un perturbateur endocrinien, au motif qu’il présenterait un risque toxique pour les bébés. Saisie sur cette question par la Direction Générale de la Santé, l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments (AFSSA) a rendu son rapport en novembre dernier. Selon elle les biberons ne présenteraient pas de danger particulier au regard des Doses Journalières Admissibles (DJA) actuelles. Reste que, pour le Réseau Environnement Santé (RES), un regroupement de scientifiques, d’associations et d’ONG, les normes définissant le taux de DJA sont à remettre en cause, plusieurs études scientifiques montrant en effet des perturbations hormonales à des doses de BPA inférieures aux DJA...

L’impact des nouvelles pratiques en question

Le Bisphénol A intervient dans la fabrication de matières plastiques et de contenants alimentaires comme les biberons, canettes ou lunettes de soleil. Il est cependant suspecté d’être un perturbateur endocrinien car à fortes doses il favoriserait l’apparition de diabètes, le développement de cancers et serait à l’origine d’une baisse de la fertilité chez l’homme. Les enfants sont les sujets les plus fragiles à ces perturbations hormonales, indique Actualité News Environnement, et le BPA pourrait être à l’origine de troubles du comportement chez les plus jeunes d’entre eux.
Face à ces soupçons, le Canada a choisi d’interdire les biberons contenant le composé chimique suite à la parution de plusieurs études montrant que des températures élevées, telles que celles générées par le micro-onde ou le lave-vaisselle, des nouveaux outils fréquemment utilisés pour faire chauffer ou nettoyer les biberons,
favorisaient le transfert du BPA dans les aliments.(voir la revue de presse de la Mission Agrobiosciences du 20 mai 2008). Une conclusion que ne partage pas l’AFSSA, qui indique dans son rapport « qu’il n’y a pas de précaution d’emploi particulière au regard des normes définies par l’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (EFSA) », cite Rue89. S’appuyant sur l’étude de l’agence, la ministre de la Santé Roselyne Bachelot, récemment interpellée sur cette question, a déclaré : « Le principe de précaution ne s’applique qu’en l’absence d’études fiables. Là, les études fiables existent et concluent en l’état actuel de la science à l’innocuité [des biberons contenant ce composé chimique] », relaie l’AFP.

DJA sous-évaluée ?

Reste que les normes elle-mêmes sont controversées. Mais à propos quelles sont les normes dont il est question ? Le site Actualité News Environnement les rappelle : « La position de l’AFSSA sur ce dossier repose sur la DJA de 50 microgrammes par kilo par jour fixée par l’EFSA ». Or, c’est justement l’évaluation de cette dose que le RES conteste dans une lettre adressée à l’AFSSA. « Plusieurs dizaines d’études montrent des effets chez l’animal à des doses d’exposition inférieures à cette DJA » peut-on y lire. Mais RES va plus loin en lançant même une alerte : « Avec une DJA basée sur ces études, la contamination des aliments et des boissons doit être considérée comme présentant un risque pour l’ensemble de la population », lit-on sur Rue89.

Vers un marché sans Bisphénol A

Alors que la polémique enfle, des industriels tirent parti de la controverse. Des marques de biberons garantis sans BPA se vendent ainsi comme des petits pains, malgré un prix souvent deux fois plus élevé qu’un biberon classique. « Depuis un mois c’est notre meilleure vente » déclare un responsable de l’entreprise Greenrepublic à Rue89, assurant par ailleurs être en perpétuelle rupture de stock. Les controverses alimentaires seraient-elles créatrices de nouveaux marchés pour les industriels ?

Revue de presse de la Mission Agrobiosciences. 9 avril 2009.

Sources :

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