Accueil > Archives > Actu-Environnement, Développement Durable, Le Journal de l’Environnement, (...)

Actu-Environnement, Développement Durable, Le Journal de l’Environnement, AFP, Le Monde

jeudi 26 mars 2009

Environnement et société : Le recyclage pique une crise

Moins de consommation – donc moins de produits à recycler, les marchés de matières premières en baisse... Et voilà la filière du recyclage qui entre elle aussi dans la crise ! Pour les professionnels, il n’est désormais plus rentable de faire fonctionner leurs usines. Résultat : des stocks s’entassent en attendant que les marchés reviennent à un niveau permettant de faire des bénéfices. Pour autant, au-delà du problème des prix des marchés, toutes les matières premières ne sont pas recyclées aujourd’hui, ou trop peu. Alors que certaines sont pourtant utilisées tous les jours et doivent faire face à une forte demande internationale... comme l’eau.

Pour Développement Durable, le constat est là : « Touchés au cœur (du porte-monnaie !), les Français consomment moins, jettent moins ». Et, du coup, il y a moins de travail pour les industriels du recyclage. Ajoutez-y le fait que la baisse de la consommation diminue les besoins des producteurs en matières recyclables pour emballer leurs produits, et vous obtiendrez une recette parfaite pour un effondrement des prix. Le cours du plastique a été divisé par deux depuis août 2008, tandis que le prix la tonne de papier a dégringolé de 100 € en février 2008 à 57-60 € aujourd’hui. Mais c’est le marché des métaux dont la descente reste la plus spectaculaire. Comme on peut le lire dans Le Monde : « Le cours des ferrailles était monté à 480 euros la tonne en juillet 2008. Il est passé sous la barre des 100 € fin 2008 ». Que faire face à cela ?

Développement Durable voit pourtant un « dénouement heureux » pour ce secteur économique : « Probable signe d’une reprise économique, les Chinois achètent des milliers de tonnes de matières recyclées ». De plus, le site internet indique que « la consommation des ménages est repartie à la hausse » au mois de janvier. Le recyclage vers une sortie de crise ? Pour Philippe Chalmin, professeur à l’université Paris-Dauphine et interviewé par Le Monde, cette crise « pourrait conduire à une remise à plat [du secteur, car] le recyclage n’est pas la seule solution : l’incinération avec récupération d’énergie peut être une alternative intelligente du point de vue économique ».
Dans le même quotidien, on peut également lire la préoccupation de l’Union Européenne pour l’avenir de cette industrie. « Pour soutenir la filière, elle suggère de "maintenir les objectifs existants en matière de recyclage", d’appeler les citoyens à ne pas se démobiliser et à continuer de trier, et d’étudier la possibilité d’une réduction de la TVA pour certains produits à base de matériaux recyclés  ». En France, suite au projet de loi Grenelle 1, le recyclage des emballages ménagers devra passer de 63,1 % (2007) à 75 % en 2012, note Actu-Environnement. « Cet objectif ne sera atteint que si tous les maillons de la chaîne du tri s’activent, producteurs, citoyens, collectivités et recycleurs », explique Jacques Pélissard, Président de l’Association des Maires de France.

Il existe cependant un certain flou organisationnel dans certains secteurs de l’industrie du recyclage, diminuant son efficacité globale. Le Journal de l’Environnement note ainsi que la filière des déchets d’équipement électriques et électroniques (DEEE) « peine à trouver ses marques » en raison de la confusion fréquente entre déchets ménagers et professionnels. Du coup des entreprises échappent à l’éco-contribution (taxe à l’achat sur les DEEE, finançant leur recyclage) et de plus, la collecte des DEEE professionnels a du mal à s’organiser : « aucun éco-organisme n’ayant reçu d’agrément pour s’en charger » précise le journal. La directive européenne concernant les DEEE devant toutefois être révisée prochainement, on peut espérer une amélioration pour la filière.

Autre matière première qui, elle, n’est que très peu recyclée : l’eau. L’AFP publie un article sur le « facteur beurk », véritable frein au recyclage d’une eau « qui passe des toilettes au robinet » selon ses détracteurs. C’est pourtant une eau « parfaitement potable », « moins coûteuse et moins polluante que le dessalement » d’après Antoine Frérot, directeur général de Veolia Eau. En Australie mais surtout à Singapour (1% de l’eau potable consommée), le système commence néanmoins à se mettre en place. Soulignons quand même que la NASA a mise au point ces derniers mois une machine qui ne devrait pas faire couler que de l’encre : le premier recycleur d’urine. Eh oui, approvisionner les spationautes en eau n’est pas toujours chose aisée et il faut donc innover. L’urine future nouvelle matière première ? Un sujet qu’il ne faudrait pas laisser rouiller...

Revue de presse de la Mission Agrobiosciences. 26 mars 2009.

Sources :

Top