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60 millions de consommateurs, Le Figaro, Le Point, synthèse du Credoc, Ouest France, Europe 1

vendredi 26 septembre 2008

Alimentation : la valse des prix poursuit son ballet. D’un côté, l’industrie agro-alimentaire, selon l’association 60 millions de consommateurs, aurait recours ces derniers temps à un certain nombre de procédés « douteux » pour augmenter très discrètement leurs prix de vente. De l’autre, celui des consommateurs, une récente étude du Credoc - le Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie - montre que ces derniers sont de plus en plus sensibles au prix. Et puis, il y a les producteurs de légumes qui, ce matin même, protestaient contre la grande distribution laquelle, pour une question de prix, préfère les produits importés à ceux français. Ces jours-ci, le prix de l’alimentation est au centre de toutes les attentions.

Du côté de l’industrie, on "allège" les produits
« Comment les marques camouflent la valse des prix ». Tel est le titre de l’enquête que vous pourrez lire dans le numéro d’octobre de 60 millions de consommateurs (n°431) et dont le Figaro, sous la plume de Camille Peyrache, nous livre les grandes lignes. « L’inflation avance dorénavant masquée » peut-on lire en tête de l’article. Ainsi la stabilité des prix sur le produit fini ne serait qu’apparente : « les fabricants de produits alimentaires ont utilisé différents procédés pour augmenter leurs prix sans attirer l’attention des consommateurs » . Par exemple, certains aliments, comme les gâteaux ou les pots de fromage blanc, ont vu leurs poids total diminuer alors que le prix, lui, est resté le même. D’autres produits ont été "relookés" : nouvel emballage pour un contenu identique. Le tout accompagné d’une hausse du prix pouvant atteindre 50% . Enfin, il y a ceux qui préfèrent changer leur recette en remplaçant les denrées onéreuses par d’autres de moindre coût ou en changeant « la composition pour diminuer le coût de revient du produit ». Ce dernier procédé serait surtout « l’apanage des premiers prix ou du hard discount » alors que les deux premiers seraient plutôt utilisés par les marques.

Mais est-ce là quelque chose de nouveau ? Interrogé par Chloé Durand-Parenti pour Le Point, Luc Chatel, le Secrétaire d’Etat à la Consommation, rappelle qu’il ne s’agit pas là d’un phénomène nouveau et que « le rôle d’un industriel, c’est de modifier régulièrement son produit. Le consommateur est ensuite libre d’acheter, ou pas, ses innovations ». Il précise également que « ce n’est pas au gouvernement d’encadrer les stratégies des marques. Le rôle des pouvoirs publics, c’est en revanche de faire en sorte qu’il n’y ait pas de tromperie, de donner au consommateur les moyens et les outils pour choisir librement. C’est pour cela que nous avons imposé le prix au kilo et au litre, qui sert précisément à comparer ». Il appelle donc les consommateurs à la « vigilance ».

Du côté des consommateurs, les cordons de la bourse restent serrés
Justement. Selon une étude du Credoc - « Alimentation : entre tensions économiques et exigences des consommateurs », publiée le 23 septembre, les français sont bien plus vigilants qu’auparavant. Désormais, ils y regardent à deux fois avant de remplir leur caddie. Jean-Yves Desfoux, pour Ouest France, revient sur les conclusions de cette étude. « Depuis 2000, le critère du prix arrive invariablement en deuxième position derrière les garanties d’hygiène et de sécurité lors d’un achat alimentaire mais cette fois, la proportion de ceux qui y font plus attention que d’habitude est passée de 34% à 51% en un an ! ». Les marques sont délaissées au profit des marques distributeurs ou du hard discount, les produits portant un label de qualité moins plébiscités, le prix des fruits et légumes frais systématiquement comparés.
Et si ce dernier n’est pas toujours du goût des consommateurs, il ne plaît pas non plus aux producteurs. Sur son site, Europe 1 se fait l’écho de la grogne des producteurs de légumes qui ont, ce matin même, mené « une opération coup de poing à Rungis et dans deux centrales d’approvisionnement de la grande distribution près de Paris ». Selon eux, la distribution « privilégierait systématiquement l’importation aux produits français afin de faire baisser les prix ». Résultat : les producteurs auraient perdu 50% de leurs revenus par rapport à 2007.
A trop valser, les prix finissent par donner le tournis... »

Revue de presse de la Mission Agrobiosciences, 25 septembre 2008

Sources :


Voir en ligne : L’alimentation en bout de course : Les raisons de la flambée des prix agricoles mondiaux

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