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6 février 2008, Libération, Le Figaro, Le Monde

jeudi 7 février 2008

Projet de loi sur les OGM : ça dispute ferme. Guillaume Launay dans Libération rend compte de la discussion au Sénat du projet de loi sur les organismes génétiquement modifiés. Jean Bizet, sénateur UMP de la Manche a déposé une série d’amendements afin de "ramener le problème à sa juste proportion, car on a diabolisé le sujet." Il semblerait que la discussion divise l’UMP mais pas qu’elle. "Au PS il a fallu concilier pro et anti" précise notre confrère. Pourtant une tentative de décryptage des sujets en débat promet quelques belles empoignades.
Les associations de défense de l’environnement s’étaient satisfaites de la formulation "libre choix de produire et de consommer sans OGM" qui devient dans le projet de loi, si l’on en croit le correspondant de Libération, la "liberté de cultiver avec ou sans OGM". Jean Bizet propose de formuler l’article ainsi : "La liberté de cultiver des OGM destinés à l’alimentation ou de ne pas le faire est garantie." En cas de présence d’OGM fortuite, Libération précise que "le sénateur prévoit d’organiser (en dehors de la loi) un fonds professionnel assez complexe, basé sur la compensation en grain et en argent." Autre proposition qui ne manquera de susciter des commentaires celle qui concerne la transparence des champs cultivés. Le sénateur UMP propose d’instituer un "délit de fauchage" déjà inacceptable pour les Verts. Enfin s’agissant de la Haute Autorité, Guillaume Launay écrit : "Jean Bizet en conclut (...) qu’il faut séparer dans ce comité (devenu un Haut Conseil "qui ne décide pas"), les scientifiques de la société civile. "Au contraire, il faut faire se confronter l’expertise scientifique et sociétale, souligne Jean-François Le Grand."
Dans Le Figaro Marielle Court revient sur ce débat. Elle rappelle à l’instar de Libération les termes de la discussion en cours au Sénat. Elle insiste aussi sur les réactions. Les amendements de la commission des affaires économiques de la Haute Assemblée sont "une véritable provocation" dénoncent sans hésiter les associations écologistes, de Greenpeace à France Nature Environnement (FNE)." Marielle Court ajoute que "créer un délit de fauchage rend perplexe" alors que l’étiquetage des semences est bien perçu. En conclusion la correspondante de Figaro rappelle les enjeux politiques du débat : "Qu’il s’agisse des sénateurs ou des députés, la volonté à peine cachée, est de reprendre la main sur ces dossiers environnementaux alors qu’ils se sont sentis exclus des discussions du Grenelle de l’environnement. Mais ils devront tenir compte de l’opinion publique : deux sondages récents rappellent sans aucune ambiguïté la grande méfiance des Français à l’égard des OGM. Une constante depuis des années."
En écho à ce débat, Libération du 4 février revient sous la forme d’une interview réalisée par Florent Latrive et Guillaume Launay à la question centrale : "Peut-on se passer des OGM ?", un entretien avec Christian Vélot, chercheur en génétique moléculaire et très "critique envers les OGM agricoles" nous dit Libération. A propos de la pétition à l’initiative des chercheurs contre le moratoire, Christian Vélot réponds qu’"Ils restent persuadés que la science va répondre à tout." M. Vadrot estime que "ce n’est pas au scientifique de décider mais au politique." Plus loin, "on nous ment en nous faisant croire que les OGM sont la solution aux pesticides." A propos de la Recherche, il déclare : "Si on faisait de la recherche tous azimuts en utilisant les OGM comme un outil parmi d’autres, et qu’on trouve des applications socialement utiles, on serait dans une démarche scientifique saine." Concernant les attentes autour du débat sur le projet de loi Christian Vélot se montre sceptique : "J’ai peur que ce soit à nouveau du vernis sur des ongles sales, qui va permettre en fait d’autoriser la contamination par les OGM."
Pour en finir provisoirement avec cette question, Lemonde.fr et l’AFP rappellent dans Le Monde du jour version papier, que le ministre de l’agriculture Michel Barnier a annoncé devant le Sénat : "Il nous faut une recherche en plein champ [sur les OGM] et dès 2008." Une commission d’évaluation des demandes d’autorisation d’essais en plein champ va être mise en place. De quoi remotiver les associations écologistes qui espéraient que les expérimentations en plein champ à des fins de recherche seraient suspendues. Pour France Nature Environnement (FNE), cité par la dépêche, "l’annonce de Michel Barnier n’est certainement pas conforme à l’engagement du gouvernement en faveur d’une recherche scientifique renforcée, transparente et pluraliste." Le débat continue et vive le débat !


Voir en ligne : Accéder à tous les Entretiens et Publications : OGM et Progrès en Débat . Des Points de vue transdisciplinaires... pour contribuer au débat démocratique. Edités par le Magazine Web de la Mission Agrobiosciences.

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