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30 novembre 2007, Le Monde, Libération.

vendredi 30 novembre 2007

Les Etats-Unis connaissent le sécheresse la plus grave depuis cent treize ans et l’éthanol ne fait plus recette. Sylvain Cypel, correspondant du journal Le Monde à New-York nous apprend que les USA connaissent une sécheresse pire qu’en 2006 et la plus grave depuis un siècle. "Los Angeles vit son année la plus sèche depuis 1877" écrit le correspondant du Monde. Les nappes phréatiques sont au plus bas dans une dizaine d’états. En Californie et en Arizona par exemple la sécheresse a augmenté de plus de 70%. Le Sud-Ouest américain, semi-aride est habitué aux sécheresses mais jusqu’à ce jour le Sud-Est du pays avait réussi à les éviter. Ainsi à Los Angeles, "des équipes SOS-Sécheresse (Drought Busters) parcourent les rues à la chasse aux contrevenants qui arrosent les pelouses entre 11 heures et 15 heures". Les conséquences économiques ne sont pas en reste : les professions horticoles auraient perdu 14 000 emplois et une chaîne pépiniériste Pike Nursery vient de déposer son bilan. Dernier recours pour affronter ce fléau : la prière. Sonny Perdue, gouverneur républicain de Géorgie a dirigé une prière publique car disait-il "Je crois que ces choses-là viennent de Dieu". Lequel Dieu a entendu les implorations car dès le lendemain des pluies diluviennes s’abattaient sur l’Etat. Dieu s’étant montré clément les nappes phréatiques demeurent cependant toujours dans le rouge.
Toujours aux States, la correspondante à New-York du journal Libération, Isabelle Duriez rapporte que l’éthanol qui semblait être le nouvel essor vert du Midwest va très mal. Le prix a chuté de 30% et la surproduction guette. Vera Sun Energy Corp, l’un des plus gros producteurs américain d’éthanol, vient de différer la construction d’une usine dans l’Indiana. "Compte tenu du changement abrupt dans les conditions du marché, il est prudent d’ajuster notre rythme actuel d’expansion" déclare le directeur financier. Neil Harl, professeur d’économie à l’Iowa State University et consultant pour les producteurs de la Corn Belt précise que "c’est la fin du boom de l’éthanol mais pas de l’éthanol". Les distilleries existantes devraient s’en sortir précise l’article de Libération mais les surplus posent problème car écrit Isabelle Duriez "contrairement à l’essence, l’éthanol est corrosif et se mélange à l’eau." Et il n’y a pas suffisamment de réservoirs adaptés. Les lobbyistes essayent d’imposer auprès des pouvoirs publics une augmentation de la quantité d’éthanol devant être mélangée à l’essence. La bataille s’annonce dure. "L’éthanol vu comme une source inattendue de prospérité pour les communautés rurales du Midwest, est maintenant source d’inquiétude. Pour ceux qui voient leurs marges se réduire à mesure que le prix de l’éthanol chute, comme pour ceux qui ont mis du temps à investir dans une distillerie et qui se demandent s’ils n’ont pas raté le coche" conclut l’auteur de l’article.


Voir en ligne : Quel climat fera-t-il demain ? avec Jean-Claude André, physicien et météorologue (Cerfacs) et Emmanuel Cloppet, agrométéorologue (Météo-France), l’intégrale d’une Université des Lycéens animée par la Mission Agrobiosciences

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