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30 mai 2005, Sud Ouest, Le Monde, Libération et L’Humanité

lundi 30 mai 2005

Arcachon : des souris et des huîtres. Les huîtres du bassin d’Arcachon sont interdites à la vente depuis un mois, en raison de la présence de micro-algues toxiques. Les 350 ostréiculteurs du bassin vivent très mal cette crise, qui les privent de tout revenu. Ils s’interrogent sur la validité des tests, d’autant que les résultats délivrés par un laboratoire vendéen saisi à leur demande semblent contradictoires avec ceux de l’Ifremer à Arcachon, relate le quotidien régional Sud Ouest. C’est un rituel depuis le début de la crise dans le Bassin : deux fois par semaine, neuf rongeurs subissent une piquouze à l’Ifremer. Au bout de 24 heures, on compte les survivantes, le décès laissant imaginer la présence d’algues dinophysis, expliquait sur un ton presque léger le quotidien Libération en fin de semaine dernière, annonçant en titre que l’huître avait une nouvelle fois « raté le test de la souris ». Beaucoup plus grave, le correspondant régional de l’Humanité témoigne de la détresse des ostréiculteurs et s’interroge avec une jeune productrice : « le principe de précaution, c’est bien et je ne le conteste pas mais il est poussé à l’extrême, et l’on peut s’interroger, c’est ma conviction profonde, si l’objectif n’est pas de réduire le nombre de petits exploitants ostréicoles ». La correspondante du Monde à Bordeaux explique que les ostréiculteurs critiquent les tests "souris" qui contredisent "souvent" , selon eux, les résultats des tests chimiques. C’est une décision européenne de mars 2002 qui a imposé que, pour tout contrôle de toxicité, un test biologique sur des souris soit effectué sur la base d’une durée de vie de 24 heures et non plus de 5 heures, comme cela était pratiqué jusque-là, précise Claudia Courtois. « Si on s’en tient aux tests chimiques, la quantité de toxines était inférieure au seuil sanitaire requis », admet le chef de la station de l’Ifremer, Jean-Pierre Dréno. Il ajoute cependant que les souris, elles, sont bel et bien mortes. « Il va bien falloir savoir de quoi meurent les souris. C’est le flou scientifique contre la réalité cruelle de l’économie », réagit une ostréicultrice que la journaliste présente aussi comme « biologiste de formation ». A l’inverse, un producteur cité par une dépêche diffusée sur le site du Nouvel Obs s’exclame : « le doute est avéré. A qui doit profiter le doute ? J’espère que c’est à nous ». Le préfet a demandé que de nouveaux prélèvements soient effectués ce lundi et analysés par l’antenne Ifremer, le laboratoire départemental d’analyses de la Vendée et le Laboratoire national de l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments.


Voir en ligne : Le bassin d’Arcachon victime de son succès, un excellent dossier réalisé par l’association régionale SEPANSO

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