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30 janvier 2006, Tour Mag, 20 Minutes, Le Monde, Libération, L’Humanité, Lutte Ouvrière, Témoignages et Le Figaro

lundi 30 janvier 2006

Chikungunya : tourisme et politique piqués par les moustiques. Une épidémie de "chikungunya" sévit depuis bientôt un an sur l’île de la Réunion. « Avec son nom plutôt sympa, on aurait pu imaginer qu’il s’agit du dernier tube à la mode d’Yannick Noah », badine d’abord le site Tour M@g, qui se présente comme “le premier portail des professionnels du tourisme” sur Internet. Mais l’épidémie gagne du terrain et les annulations se multiplient, s’alarme très vite ce site professionnel, qui relaie les inquiétudes de la présidente du comité du Tourisme de la Réunion, Jocelyne Lauret, évoquant « un phénomène d’annulation de séjours », sans toutefois donner de chiffres ou d’exemples concrets. Le quotidien gratuit 20 Minutes note que l’épidémie « a commencé à s’étendre dans l’ouest, la zone touristique de l’île ». Sur place, ce sont les écoliers de l’île qui viennent d’être "condamnés" à des vacances supplémentaires, le recteur ayant décidé de retarder la rentrée scolaire pour laisser le temps de finir de démoustiquer les établissements, relate brièvement le correspondant du Monde à Saint-Denis. Sa consoeur de Libération développe beaucoup plus longuement l’information, considérant la décision du recteur comme un bon exemple de l’échec de « la politique consistant à ne pas affoler les Réunionnais en faisant le moins de vagues possibles ». La Réunion « s’affole », l’île vit « une vraie psychose », témoigne Zoe David. La correspondante raconte comment les chiffres rassurants et manifestement sous-estimés de la Drass (direction régionale des affaires sanitaires et sociales) ont été contestés par « un petit groupe de généralistes », évoque une « rumeur » de démission du directeur de la Drass et laisse planer la perspective d’un « procès » engagé par une association de malades. 5% de la population auraient été touchés, selon de nouvelles estimations reprises par les correspondants du Monde et de Libération. 10% même selon L’Humanité, qui n’oublie pas de rappeller que le Parti communiste réunionnais avait avançé de longue date le chiffre de 30 000 personnes atteintes. Le quotidien communiste cite également un journaliste du quotidien réunionnais Témoignages qui s’indigne du retard de la réaction des autorités. « Aurait-on perdu autant de temps - avec toutes les conséquences que l’on sait - s’il n’y avait pas eu un parasitage du message réunionnais à Paris par ceux qui ont parlé de "bataille politicienne menée par le PCR"... ? », apostrophe l’éditorialiste de ce journal local, qui rappelle en première page qu’il fut fondé en 1944 par le Dr Raymond Vergès. Le correspondant de Lutte Ouvrière, le journal du parti trostkiste d’Arlette Laguillier, appuie le parti communiste local et souligne que « dès les premiers mois de l’épidémie, une députée et une sénatrice du Parti Communiste Réunionnais (PCR) avaient à maintes reprises interpellé les autorités locales ainsi que le gouvernement sur ce problème de santé publique », et déplorant qu’elles n’avaient eu « aucune réponse satisfaisante de la part du gouvernement, seulement des attitudes méprisantes de ceux qui estimaient qu’elles n’avaient pas les compétences requises pour parler du problème ». Le correspondant de LO, anonyme comme le veut la tradition de ce journal, ajoute que « les autorités ont tenté de culpabiliser la population en l’accusant de maintenir des sites larvaires à travers des points d’eaux stagnantes ou par la présence de déchets dans les cours ». Dans Le Figaro, Jean-Michel Bader expédie d’une phrase cette « polémique » menée par « un front composé de la presse locale et de représentants de la population » et se veut rassurant, relayant les bonnes paroles du préfet et l’arrivée de 400 militaires en renfort.


Voir en ligne : L’épidémie de chikungunya à La Réunion sur le site de l’InVS (Institut national de Veille Sanitaire)

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