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29 avril 2005, Libération et Le Figaro

vendredi 29 avril 2005

Riz OGM : les Chinois rient. La culture de riz transgénique fait des merveilles en Chine, selon une étude publiée aujourd’hui dans la revue américaine Sciences. « La publication est tellement élogieuse qu’elle fait penser à une propagande non dissimulée du gouvernement chinois en faveur de l’utilisation de ces plantes transgéniques », note Cyrille Vanlerberghe dans Le Figaro. L’utilisation de deux espèces de riz génétiquement modifié pour résister aux attaques des insectes permettrait aux agriculteurs chinois de diminuer l’utilisation de pesticides de 80%, tout en ayant un rendement légèrement supérieur et en améliorant leur santé, résume le journaliste. Dans Libération, Denis Delbecq insiste sur l’impact de la culture de ces OGM sur la santé des riziculteurs, soulignant que dans ce pays, « comme dans beaucoup de pays du Sud, les agriculteurs font appel à des substances dangereuses, interdites depuis des décennies en Occident, et le plus souvent sans se protéger ». Mais contrairement au Figaro qui met en avant la véritable révolution que représenterait la culture de riz OGM qui « servirait d’aliment de base pour des centaines de millions de personnes » alors que les cultures transgéniques servent surtout aujourd’hui à l’alimentation des animaux ou à des plantes industrielles comme le coton, Libération préfère rappeler qu’il est aussi possible de réduire l’utilisation des produits chimiques grâce à « une agriculture verte ». Denis Delbecq rappelle qu’un chercheur chinois avait obtenu d’excellents résultats dans la lutte contre les champignons qui s’attaquent aux récoltes en multipliant la biodiversité dans les rizières. « Les champignons sont le premier ennemi du riz, bien avant les insectes ravageurs », souligne le journaliste. Une observation toutefois tempérée par un chercheur de l’INRA de Montpellier, Jean-Christophe Breitler, qui remarque : « la sensibilité au champignon est très différente d’une variété de riz à l’autre. En revanche, les (insectes) foreurs s’attaquent à toutes les variétés ». Le Figaro souligne que les auteurs de l’étude ne disent pas si les plants d’OGM se sont dispersés ou non dans les champs avoisinants, « un phénomène qui inquiète plus d’un opposant aux OGM dans nos pays occidentaux ». « Mais, de toute façon, si la Chine suit les conseils de cette étude scientifique et cultive bientôt de manière massive des riz OGM, cette préoccupation sera bien vite sans raison d’être », conclut Cyrille Vanlerberghe. C’est justement ce qui inquiète Denis Delbecq, qui note que la décision imminente de la Chine d’autoriser la culture du riz OGM est « difficile » car « sans retour en arrière possible ».


Voir en ligne : Le même type d’étude avait contribué à donner le feu vert au coton transgénique en Chine, selon un article de Libération de 2002 archivé sur le site de l’INA-PG

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