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28 septembre 2005, L’Express, Le Point, Le Nouvel Observateur et Madame Figaro

mercredi 28 septembre 2005

Les vins bios pour réinventer les AOC ? Le système des Appelations d’origine contrôlées (AOC), conçu en 1935 pour distinguer les vins de qualité en France, est en crise. « Le système (...) a perdu toute crédibilité. Non pas parce qu’il est obsolète, mais parce qu’il a été trahi », affirme Eric Conan dans L’Express. Le journaliste critique l’autogestion des AOC par des syndicats viticoles qui ont, « pour la plupart », « perverti ces garanties conçues au départ à l’intention du consommateur pour en faire des labels commerciaux couvrant des pratiques de plus en plus laxistes ». Il rend hommage à la volonté de réforme affichée par René Renou, le président de l’Institut national des appellations d’origine (Inao) et réclame une réforme des étiquettes afin de « faire la différence entre les vignerons qui privilégient la trousse du Petit Chimiste et ceux qui font du vin surtout avec du raisin ». Il faut lire un autre article d’Eric Conan publié en juin dernier dans l’Express pour comprendre que le journaliste fait expressément référence aux viticulteurs bio, et notamment aux participants du salon de la Dive Bouteille de Montsoreau, près de Saumur, qui viennent de constituer l’association Sève. L’association, soutenue par René Renou, « rassemble déjà tous ceux qui bannissent désherbants, engrais, traitements chimiques, vendanges à la machine et levures artificielles », explique Eric Conan. La naissance de l’association est également signalée dans les pages "cuisine" de Madame Figaro, même si la journaliste Laure Gasparotto préfère mettre en avant le retour au terroir et les recherches sur les sols et les parcelles que la démarche bio des vignerons. La « folie des vins bio » annoncée en titre par L’Express n’est il est vrai pas nouvelle. En 2001 déjà, Jean-Pierre Peyroulou signalait sous le même titre dans le Nouvel Observateur que « trop de chimie tue le terroir aussi sûrement que les rendements excessifs ». La même année, Jacques Dupont célébrait dans le spécial Vins du Point ce qu’il nommait « le retour obligé à la nature ». La grande différence, selon Eric Conan, c’est que les viticulteurs-vignerons bio de Sève ont abandonné « la stratégie baba de la marginalisation pour tenter celle, plus politique, de l’entrisme, en réclamant à l’Etat une « refondation des AOC sur leurs principes d’origine », à laquelle ils veulent s’associer ». Le journaliste de l’Express explique que « ces nouveaux convertis sont d’ex-gauchistes persuadés d’être des « vignerons rebelles », comme certains se sont baptisés, alors qu’ils sont le fer de lance d’un mouvement authentiquement réactionnaire. Ils n’ont qu’un mot à la bouche : le terroir, le terroir qui, lui, ne ment pas ».


Voir en ligne : Le vin dans la tourmente, un dossier très bien documenté dans l’édition de septembre du journal du CNRS

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