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28 juin 2005, Libération, Le Monde et RFI

mardi 28 juin 2005

Le « non mais... » de l’Europe aux OGM. Une majorité de ministres de l’Environnement des 25 a refusé, vendredi 24 juin, de lever les « clauses de sauvegarde » qui permettent aux Etats-membres qui le souhaitent d’interdire les OGM au nom du principe de précaution. « En ces temps de désunion européenne, c’est une bonne nouvelle », estime l’éditorialiste de Libération, Patrick Sabatier, qui se félicite de voir l’Europe « parler d’une même voix » et décider « une politique claire sur les OGM ». C’est oublier un peu vite que le Royaume-Uni a voté pour, « soutenu par les Pays-Bas dans cinq cas et par le Portugal sur une mesure », comme l’expliquent les correspondantes du journal à Bruxelles. Sur le site de RFI, Colette Thomas souligne que le ministre anglais a dit oui car son pays est partisan « d’une agriculture aussi industrielle que possible ». La journaliste met en avant le « désaccord » des ministres avec la Commission. « Souvent, par le passé, les ministres de l’Environnement ne réussissaient pas à se mettre d’accord sur cette question de la culture et de la commercialisation des organismes génétiquement modifiés et c’est la Commission qui prenait des décisions en dernier ressort », rappelle Colette Thomas. Cette fois, il s’agit moins d’un vote anti-OGM sur le fond qu’« une rébellion anti-Commission », analyse la correspondante du Monde à Bruxelles. Rafaële Rivais souligne que la Commission « demandait aux Vingt-Cinq de condamner le recours aux clauses de sauvegarde, au motif qu’elles ne sont pas justifiées par des informations scientifiques nouvelles montrant la nocivité des OGM pour l’environnement ou la santé, et qu’elles sont attaquées, notamment par les Etats-Unis, à l’Organisation mondiale du commerce (OMC). » L’éditorialiste de Libération reconnait d’ailleurs que « les OGM ne sont pas les monstres des fantasmes populaires excités par certains écologistes », que « les risques pour l’environnement existent, mais ne sont pas plus graves que les dégâts provoqués par les pesticides et engrais toxiques dont ils prétendent réduire l’usage » et que les OGM « seront peut-être même utiles, un jour ». C’est pourtant le même journal qui, dans un troisième article, revient sur une variété de maïs OGM de Monsanto présenté comme « nocif pour les rats ». Cette fois, les ministres de l’Environnement n’ont pas pu se mettre d’accord sur l’autorisation de cet OGM, et c’est la Commission qui tranchera.


Voir en ligne : "Ce vote est un signal politique des Etats-membres", selon le commissaire à l’Environnement Stavros Dimas (réaction complète en anglais)

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