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28 juillet 2005, Libération, Le Monde, L’Humanité, Courrier International, L’Intelligent-Jeune Afrique, Le Matin (Maroc) et le Républicain (Niger)

jeudi 28 juillet 2005

Famine au Niger : questions sur la médiatisation et la gratuité des dons. La famine au Niger fait la une des journaux et a fait son apparition sur les chaînes de télévisions depuis quelques jours. « Cette « catastrophe silencieuse » qui frappe des millions de Nigériens était non seulement prévisible, mais prévue et annoncée depuis près d’un an, par les ONG et l’ONU », souligne Patrick Sabatier dans un éditorial de Libération. Dès le 14 juillet, Le Monde évoquait cette « catastrophe annoncée mais oubliée ». « Décidément, les drames africains n’entraînent plus la mobilisation, ni la médiatisation de jadis (exemple de l’Ethiopie) », se désole Mohamed SIHADDOU, ingénieur en télédétection aérospatiale à Toulouse, dans un point de vue publié par le journal marocain Le Matin. A noter que cet artice coïncidait avec une « visite de diplomatie compassionnelle » du roi du Maroc Mohammed VI à Maradi, telle que la rapporte le magazine L’intelligent-Jeune Afrique. Le journaliste François Soudan note qu’il aurait suffit d’« un centième de l’argent versé pour les victimes asiatiques du tsunami » pour permettre «  au Niger, mais aussi à toute la région, de passer ce cap difficile », mais regrette : « en termes d’intérêt géopolitique et d’attrait médiatique, le Sahel est largement surclassé par l’Asie du Sud-Est ». Pour le quotidien britannique The Guardian, repris par Courrier International, « le fait que le monde ne peut être ému que par des images montrant la souffrance n’est pas réjouissant ». Courrier International reprend en titre l’expression du chanteur Bob Geldof, initiateur d’un grand concert contre la famine en Ethiopie dans les années 80, qui évoque « la pornographie de la pauvreté en Afrique ».
Les opérations d’aide au Niger sont non seulement tardives, mais aussi « inadaptées », selon L’Humanité. La correspondante du quotidien communiste explique que « les décideurs extérieurs au pays se sont arc-boutés sur leur credo : ne pas faire de distributions gratuites afin de ne pas perturber les mécanismes du marché ». Pour Camille Bauer, « cette idéologie a empêché toute modification de la stratégie adoptée ». L’hebdomadaire nigérien Le Républicain dénonce cependant des « commerçants véreux » et estime que « la famine a été une occasion pour certains spéculateurs qui pensent faire fortune sur le dos des populations ». Un éleveur témoigne : « nos animaux maigrissaient et mouraient, sous nos yeux, de famine. Les commerçants se frottaient les mains parce que le prix des céréales ne cesse de flamber. Le prix de certains animaux ne dépassait guère celui d’une pintade en temps normal. Personnellement, j’ai vendu une vache à 7.500 FCFA. En d’autres temps, elle coûte 150.000 FCFA, voire 200.000 FCFA… ». Dans Libération, Thomas Hofnung rappelle que le gouvernement du Niger a été accusé par le président de MSF d’être « main dans la main avec les gros commerçants ».


Voir en ligne : Des risque de famine aussi au Mali, selon l’ONU

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