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27 juillet 2005, Le Figaro, La Tribune de Genève, Le Temps, La Liberté, Le Journal du Jura, L’Agefi

mercredi 27 juillet 2005

Les paysans suisses contre l’OMC à Genève. Des paysans suisses, rejoints par des homologues norvégiens et japonais, ont manifesté hier à Genève devant le siège de l’OMC (organisation mondiale du commerce). L’information, très commentée dans la presse helvétique, est passée quasiment inaperçue en France. Seul le Figaro signale la présence de ces agriculteurs norvégiens, venus de leur pays à pied, en roller ou en ski de fond à roulette, « accueillis en héros par les paysans suisses dès leur arrivée ». Le quotidien de Fribourg La Liberté raconte que le cortège s’est étoffé au fur et à mesure des étapes helvétiques, « si bien qu’ils étaient plus de 300 personnes sur le parvis de l’OMC. En majorité des Suisses mais aussi quelques représentants japonais, sud-coréens ou encore islandais. » Ils ont tous « le blues », écrit La Tribune de Genève, qui titre sur « la nouvelle jacquerie des paysans contre l’OMC ».Le Figaro titre pour sa part sur « le blues protectionniste des paysans norvégiens ». Dans les négociations à l’OMC, la Norvège, comme la Suisse, le Japon ou la Corée du Sud, fait partie du G10, « un groupe de pays qui rassemble les pays riches importateurs de produits agricoles », résume La Liberté. Des « petits pays riches à l’agriculture fortement protégée tant par les barrières douanières que par les subventions aux exploitants, importateurs nets de produits agricoles », précise Le Figaro, qui parle d’« enfants gâtés ». La Tribune de Genève tempère en évoquant des pays qui « revendiquent la reconnaissance d’une agriculture non marchande (développement rural, santé des animaux, sécurité alimentaire et protection de l’environnement), pour laquelle une protection est nécessaire, soit par le biais de subventions, soit par celui d’une aide directe aux paysans ». Cette position est défendue par le Journal du Jura, qui affirme dans un éditorial que « l’agriculture est un domaine trop sensible pour être régie par les seules lois du marché, n’en déplaise aux tenants de l’ultralibéralisme ». Elle est cependant vue comme un « anachronisme » par l’agefi, quotidien financier français, qui s’étonne du poids de l’agriculture, « qui vit à 74% sur le dos du contribuable », au parlement helvétique, et se demande « comment une profession aussi peu contributrice de richesses exerce-t-elle autant d’influence ? » Le site professionnel agricole suisse agrihebdo semble lui répondre en affirmant que « les minorités - l’agriculture en est une - influencent le cours des choses de manière plus que proportionnelle à leur représentativité dans la société ». Le site semble néanmoins un peu dubitatif sur l’efficacité de la marche avec les agriculteurs norvégiens « face au rouleau compresseur de l’OMC ». « La résistance au nouvel accord OMC qui se profile est contre-productive, l’opposition suicidaire », affirme même le grand quotidien suisse Le Temps, qui notait dans un éditorial que « si la Suisse ne pèse pas grand-chose dans les rapports de force propres à l’OMC, l’agriculture ne pèse elle-même plus grand-chose face aux autres secteurs de l’économie helvétique ». Selon la Tribune de Genève, 1.500 fermes disparaissent chaque année, dans un pays qui ne compte déjà plus que 65 000 exploitations agricoles.


Voir en ligne : La multifonctionnalité de l’agriculture suisse expliquée sur le site de l’office fédéral agricole

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