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26 novembre 2004, Le Figaro et Courrier International

vendredi 26 novembre 2004

Rats et chinoiseries OGM. Alors que la Chine s’apprête à produire du riz génétiquement modifié à grande échelle, l’Europe devrait se prononcer lundi sur l’autorisation d’un nouveau maïs OGM produit par la firme américaine Monsanto. Destiné à l’alimentation du bétail, ce maïs, le Mon 863, était suspecté d’avoir provoqué des lésions rénales et des perturbations métaboliques chez les rats de laboratoire. « Fausse alerte », affirme aujourd’hui Le Figaro. L’article signale que de nouvelles études ont été effectuées à la demande de la commission du génie biomoléculaire (CGB), qui vient de publier un nouvel avis levant ses réserves exprimées en 2003. « Avant de crier au loup et d’affoler les gens pour rien, il faut d’abord s’assurer que l’on dispose de résultats scientifiques fiables et confirmés », soupire le président de la CGB, Marc Fellous, cité par Le Figaro. Le président de la CGB règle au passage ses comptes avec Gilles-Eric Séralini, membre de la CGB et du Crii-gen fondé par Corinne Lepage, qui avait donné l’alerte dans Le Monde. L’ancienne ministre de l’environnement avait alors qualifié le Mon 863 de maïs "inquiétant" dans une interview au Monde. Les États membres doivent décider lundi à Bruxelles d’autoriser ou non l’importation dans l’Union européenne de ce maïs transgénique qui, jusqu’à preuve du contraire, n’a plus grand-chose d’« inquiétant », conclue aujourd’hui Marc Mennessier. Le journaliste du Figaro signale toutefois dans son article que Gilles Eric Séralini maintient ses doutes, tout en affirmant que ses arguments sont « balayés » par un autre expert de la CBG, Gérard Pascal, toxicologue et directeur de recherche à l’INRA. Alors que M.Séralini réclame que toute l’étude soit refaite, M.Pascal explique au Figaro : « nous sommes face à des résultats qui sont difficilement interprétables et le fait de recommencer l’expérience ne nous aurait pas mieux renseigné ». Le même type d’incertitude scientifique plane sur le riz OGM en Chine. Cela ne devrait pas empêcher le pays de se lancer dans sa culture à grande échelle dès l’an prochain, annonce une dépêche AFP sur le site de Courrier International et titrée : le riz transgénique bientôt à la base de l’alimentation des Chinois. Des expériences effectuées sur les rats auraient prouvé l’inocuité de la consommation de riz génétiquement modifié, relate l’AFP qui cite néanmoins un professeur à l’Institut des sciences de l’environnement basé à Nankin, Xue Dayuan. « L’expérience n’a été conduite que sur une période de trois mois (...) les effets de l’ingestion de riz transgénique ne sont peut-être pas repérables au bout d’une période si courte », explique cet expert chinois.


Voir en ligne : Le nouvel avis de la CGB sur le maïs Mon 863 (pdf)

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