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25 juillet 2005, Le Figaro, Le Monde, Libération, L’Humanité et Sud Ouest

lundi 25 juillet 2005

Sécheresse en France et en Espagne : le maïs et les golfs au banc des accusés. En France, 52 départements faisaient l’objet de mesures de restrictions de l’usage de l’eau à la fin de la semaine dernière, selon un décompte du Figaro qui titrait sur « la France au régime sec ». « Les mesures les plus contraignantes concernent bien souvent les agriculteurs, premiers consommateurs d’eau », souligne l’article. A titre d’illustration, le quotidien régional Sud Ouest relate le « coup de chaud » d’un agriculteur de Saintonge, pris en flagrant délit d’arrosage d’un champs malgré l’interdiction préfectorale, qui a menacé les contrôleurs venus le verbaliser avec une arme, en présence d’une caméra de télévision. Un autre article paru dans l’édition de Charente-Maritime du quotidien régional décrit « l’eau stagnante » d’un petit fleuve côtier « au bord de l’asphyxie », entouré de maïs sur les deux rives. Le journaliste explique que c’est « le déclin de l’élevage et la crise du cognac » qui ont poussé les agriculteurs à devenir maïsiculteurs. « Je n’en veux pas aux agriculteurs ils font ce qu’ils peuvent mais au modèle d’agriculture qu’on leur impose », déclare le président de la société de pêche. « Il faut revenir à de meilleures pratiques agronomiques », diagnostique Gérard Le Puill dans l’Humanité, considérant que « la France ne saurait se couvrir d’une multitude de grandes retenues d’eau dans le seul but d’irriguer une monoculture de maïs désormais excédentaire dans l’Europe des Vingt-Cinq et difficile à vendre sur les marchés extérieurs ». Le journaliste spécialisé dans les questions agricoles du quotidien communiste estime qu’il s’agit d’« un effet pervers de la PAC » qui a « transformé les paysans en véritables chasseurs de primes ».
Le Figaro ne dit pas un mot du maïs mais se tourne également vers l’Europe pour décrire la sécheresse en Espagne et au Portugal, qui connaissent « la plus grave pénurie d’eau depuis 60 ans ». Entre les deux pays, « l’eau est devenue un sujet de discorde », note la correspondante du Figaro à Madrid, qui explique que « le Portugal considère avoir été lésé par les Espagnols qui ont abondamment pompé dans les fleuves qui traversent toute la péninsule, tels que le Duero ou le Tage ». La correspondante du Monde à Madrid évoque pour sa part la « guerre de l’eau » entre provinces espagnoles de Castille-La Manche et Murcie. Alors que Diane Cambon, correspondante du Figaro, constate que les barrages espagnols, « construits sous le franquisme, ne suffisent plus à alimenter les besoins en eau des agriculteurs et font tourner à un rythme lent les centrales hydroélectriques, provoquant de nombreuses coupures d’électricité dans différentes villes du pays », sa consoeur du Monde, Martine Silber, rappelle que « le nouveau gouvernement socialiste de José Luis Zapaterro a mis fin, en 2004, au projet pharaonique, imaginé par son prédécesseur, José Maria Aznar, de transférer d’énormes quantités d’eau de l’Ebre, vers les régions touchées par la sécheresse ». Elle souligne que le projet de transfert de l’eau de l’Ebre avait suscité « une fièvre immobilière inusitée » dans la région de Murcie, marqué par une « prolifération des golfs ». Un phénomène également souligné par Libération,. « Dans une Espagne qui s’assèche, les greens sont dans le collimateur », explique François Museau, envoyé spécial, qui évoque une cinquantaine de nouveaux terrains en projet, en plus des 25 déjà existants dans la région de Murcie, et « 300 projets approuvés ou à l’étude » dans tout le sud-est de l’Espagne. Dans un éditorial de Libération, Gérard Dupuy affirme que « planteurs de maïs ou joueurs de golf devront apprendre la fin de l’insouciance ».


Voir en ligne : La dernière étude de l’IFEN (Institut français de l’Environnement) sur les prélèvements d’eau en France et en Europe

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