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25 avril 2005, Le Figaro, L’Humanité, Métro et L’Oeil électrique

lundi 25 avril 2005

La mort de l’anguille... et des pêcheurs. L’anguille, espèce classée nuisible en France il y a encore 25 ans, est aujourd’hui en voie de disparition. C’est ce que rappelle Marc Mennessier dans Le Figaro, en guise de compte-rendu d’un récent colloque international consacré aux poissons migrateurs à Bordeaux. Le journaliste insiste sur la responsabilité des barrages qui « découpent en rondelles » les anguilles argentées descendant les cours d’eaux pour aller se reproduire dans la mer des Sargasses. Contrairement aux autres poissons migrateurs, l’anguille va en effet « à contre-courant », souligne Marc Mennessier dans un encadré : elles arrivent de l’océan à l’état de larves, « transparentes comme du verre », pour remonter les estuaires où « elles sont abondamment pêchées pour être revendues à prix d’or (jusqu’à 800 euros le kilo cette année ! »). Ce sont les fameuses civelles, ou pibales dans le Sud Ouest. Selon le journaliste, 10 à 15% des civelles ou pibales qui abordent nos estuaires sont prélevées pour être revendues à prix d’or sur le marché espagnol ou exportées vers le Japon, « en moyenne ». « Dans certains secteurs le taux de prélèvement est de 95% », ajoute-t-il, sans préciser où exactement. L’Humanité, qui avait consacré un article à la disparition des anguilles en mars 1999, mettait en cause le braconnage. Le directeur de l’eau au ministère de l’environnement de l’époque, Pierre Roussel, évoquait même du « grand banditissme ». Dans l’excellente revue L’Oeil électrique, qui a cessé sa publication en avril 2004, Nathanaël Tribondeau parlait pour sa part d’une « véritable mafia pratiquant le marché noir généralisé », énumérant les braquages de pêcheurs, l’intimidation des gendarmes et les règlements de compte entre trafiquants. Mais l’intérêt principal de cet article est de montrer comment les pêcheurs de l’estuaire de la Gironde, passés « en deux générations de la pauvreté chronique à l’opulence », sont à la fois « victimes et coupables » de la mort d’un estuaire « qui se meurt, sous les coups d’une surpêche sauvage et d’un vide juridique inacceptable ». Son de cloche radicalement différent dans l’édition bordelaise du quotidien gratuit Metro, qui interrogeait il y a quelques jours le président du Conservatoire de l’estuaire de la Gironde. « Bien que l’anguille s’y raréfie, globalement (l’estuaire) se porte plutôt bien », estime Alain Cotten.


Voir en ligne : Les poissons migrateurs amphihalins d’Europe, programme du colloque de Bordeaux (avec certains résumés en français et en anglais)

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