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24 mars 2005, Libération, Le Figaro, AFP et AP

jeudi 24 mars 2005

La plante qui pourrait révolutionner la génétique mendelienne. Après des années de bons et loyaux services dans tous les laboratoires, Arabidopsis thaliana défie aujourd’hui les lois de la génétique établies par Gregor Mendel. Cette plante, mi-cresson mi-moutarde, est capable d’hériter d’un gène absent de l’ADN de ses deux parents, selon une étude de chercheurs américains de l’université Purdue (Indiana) publiée aujourd’hui dans la revue Nature. Elle est capable d’éliminer ses défauts génétiques, s’enthousiasme une dépêche de l’agence AP. Ce mécanisme de "réversion" garde peut-être copie de l’ADN (acide désoxyribonucléique) des grands-parents ou arrière grand-parents sous une autre forme, par exemple comme molécules d’ARN (acide ribonucléique), explique une dépêche de l’AFP.
« A l’évidence, il y a eu transmission d’un caractère génétique de façon « épigénétique », c’est-à-dire via un autre support que l’ADN parental », écrit Corinne Bensimon dans Libération. Pour la journaliste, qui définit joliment Arabidopsis ou "Arabette des dames" comme l’« équivalent chlorophyllien de la souris de laboratoire », la solution de l’ARN proposée par les chercheurs américains n’est qu’« une hypothèse parmi d’autres ». « Ce serait la solution la plus simple ou la moins déraisonnable mais il faut maintenant identifier ce fameux ARN dans les lignées ancestrales », réagit Pierre Sonigo, biologiste à l’Institut Cochin, dans Le Figaro. Le chercheur français n’exclut pas un « gag technique » comme une contamination par un pollen ou une graine sauvage, ajoute Marc Mennessier. Le journaliste du Figaro précise que ce mécanisme dit de réversion a déjà été observé dans le passé mais jamais dans de telles proportions. Dans leurs commentaires publiés par Nature, deux chercheurs allemands rappellent que de tels phénomènes de "mutants réverses" ont été observés chez les microbes, ajoute l’AFP. « L’accumulation de phénomènes atypiques observés ces dernières années, grâce notamment aux outils puissants dont dispose la biologie moderne, va nous amener à revoir certains concepts comme la distinction entre le génotype et le phénotype », prophétise Pierre Sonigo dans le Figaro, évoquant la « révolution relativiste » de la biologie.


Voir en ligne : L’article de la revue Nature (en anglais)

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