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24 janvier 2008, Le Monde, Libération, Le Figaro

vendredi 25 janvier 2008

Faire ses courses au supermarché afin de manger sain : pas facile. En Grande Bretagne on apprend à cuisiner anti-gros. La lutte contre le réchauffement climatique s’annonce rude.La correspondante du Monde, Sandrine Blanchard a décidé de faires ses courses au supermarché en compagnie de Laurent Chevallier, nutritionniste et auteur d’un ouvrage paru aux éditions Fayard Impostures et vérités sur les aliments. Et l’objectif paraît simple : "Il ne s’agit pas seulement de manger moins gras, moins sucré, moins salé, mais aussi de limiter la chimie dans notre assiette." Car nous affirme Laurent Chavallier les additifs ont créé "des risques non maîtrisés sur la santé." Il ajoute : "Notre alimentation s’est plus transformée ces quarante dernières années qu’en vingt siècles." Après ce constat, pas étonnant que l’obésité, le diabète et les maladies cardio-vasculaires augmentent. Et nous voilà parti à travers les rayons d’une grande surface. Un inventaire à la Prévert de ce qu’il ne faut surtout pas consommer. Evitons le rayon snacks pour l’apéritif ou alors que prendre ? "raisins de Corinthe, olives, noix ou petites tomates". Ne parlons pas du petit-déjeuner ou rien ne trouve grâce aux yeux de notre nutritionniste ; idem pour les produits frais. Quant aux desserts, "rien de mieux qu’un yaourt nature que l’on aromatisera soi-même" écrit Sandrine Blanchard dont le caddie devait être allégé ce jour là. A bannir aussi les produits "light" car "ils perturbent le contrôle de la faim, peuvent renforcer l’appétit pour le sucré et finalement entraîner une surconsommation alimentaire compensatrice" explique Laurent Chevallier. Et en outre l’allégé est souvent plus cher que l’ordinaire. Conclusion des courses : "réorienter son alimentation". Sandrine Blanchard a bien assimilé la leçon : "limiter sa consommation d’aliments transformés : presser ses oranges le matin, aromatiser son yaourt avec une confiture maison, prendre une boîte de tomates pelées pour assaisonner ses pâtes plutôt qu’une sauce industrielle bourrée de lipides." Concernant les enfants le jugement est sans appel si l’on en croit Sandrine Blanchard : "Les enfants élevés aux céréales le matin, aux nuggets à midi, aux biscuits fourrés à 4 heures et aux chips et boissons gazeuses devant la télé (sont) les malades de demain." Reprenant Hippocrate, l’auteur de l’article conclut : "Que ta nourriture soit ton premier médicament". A méditer.
On le savait, les anglais ont un humour parfois particulier. De l’autre côté du Channel où l’on compte le taux d’obésité infantile le plus élevé d’Europe soit 13,4% des moins de 11 ans, on a décidé de "rendre obligatoires les cours de cuisine pour tous les jeunes de 11 à 14 ans" afin d’apprendre quelques principes diététiques peut-on lire sur www.frenchinlondon.com un blog de Libération.fr. D’ailleurs écrit un blogueur "presque tous les soirs, une grande chaîne propose une émission en rapport avec la (mal)bouffe ? " Si l’on en croit Prue Leith, présidente de la School Food Trust, il y a urgence. Elle a vu "des enfants de 11 ans utiliser un couteau et une fourchette pour la première fois. Il y a un vrai déficit de connaissance de la nourriture dans ce pays." My God, shocking !
Après l’alimentation le réchauffement climatique occupe les esprits. Philippe Ricard, dans le journal Le Monde évoque le "paquet" législatif présenté par le Président José Manuel Barroso pour lutter contre le réchauffement de la planète. Le Président de la Commision européenne souhaite un "large consensus" autour de cette question. D’après le correspondant du Monde "il s’agit de porter à 20% la part des énergies renouvelables (éolien, hydraulique, biomasse, solaire) dans la consommation de l’Union européenne (UE) et de réduire de 20% les émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2020." Philippe Ricard précise que "les objectifs nationaux contraignants définis par la Commission pour chaque pays seront difficiles à respecter. La France doit ainsi atteindre les 23% de renouvelables d’ici 2020 (10,3% à ce jour), alors que M. Sarkozy avait exigé de ne pas aller au-delà de 20%." On le voit tout reste à faire. lefigaro.fr revient à son tour sur le plan de la Commission européenne en précisant que le "coût estimé (est de) 3 euros par semaine et par citoyen européen d’ici 2020, selon José Manuel Barroso, soit moins de 0,5% du PIB d’ici 2020". L’article confirme les contraintes prévues dans le plan et note que "ce plan a dû affronter une forte opposition, notamment des industriels, qui dénoncent une atteinte à leur compétitivité et menacent de délocaliser vers des cieux moins regardants. Le commissaire européen en charge du secteur, l’Allemand Günter Verheugen, a soutenu ces critiques." Le Président Barroso a fait savoir que l’Europe agirait de son propre chef s’il n’y avait pas d’accord international associant les Etats-Unis et les pays émergents. Toutes ces perspectives n’empêchent pas Jean-Louis Borloo, ministre de l’écologie, de se féliciter que la France ait réduit ses émissions de gaz à effet de serre de 2,5% par rapport à l’année précédente. "Tous les secteurs d’activité sont en baisse, y compris les transports. Petit à petit, on grignote du terrain" fait dire à Jean-Pierre Fontelle, directeur du Centre interprofessionnel technique d’études de la pollution atmosphérique (Citepa), Gaëlle Dupont correspondante du journal Le Monde. "La France sera l’un des rares pays à respecter ses objectifs" a déclaré M. Borloo. De quoi être satisfait.


Voir en ligne : Accéder à toutes les Publications : Alimentation et Société. Des conférences-débats, tables rondes, points de vue et analyses afin de mieux cerner les problématiques sociétales liées au devenir de l’alimentation. Edités par le Magazine Web de la Mission Agrobiosciences.

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