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23 janvier 2006, Le Monde, RFI, Cameroon Tribune, Mutations et Le Messager (Cameroun)

lundi 23 janvier 2006

José Bové et les poulets camerounais. Avant de se rendre au Forum social de Bamako (Mali) où il a été « souvent perçu comme "un donneur de leçons" » selon l’envoyé spécial du Monde Philippe Bernard, José Bové a fait escale à Yaoundé (Cameroun). L’ancien porte-parole de la Confédération Paysanne, toujours actif au sein de l’association Via Campesina, était venu soutenir l’action de Bernard Njonga, un agronome qui lutte contre les importations massives de poulets congelés dans son pays (notre revue de presse du 06/10/2004). « Je suis venu au Cameroun à l’invitation des organisations paysannes et de consommateurs pour défendre le droit à la souveraineté alimentaire, c’est-à-dire, le droit des peuples à se nourrir à partir de leur propre agriculture », explique José Bové au Cameroon Tribune. Dans l’interview publiée par ce quotidien gouvernemental bilingue (français/anglais), José Bové se félicite d’apprendre « une diminution très forte des importations de poulet grâce à la mobilisation et au dynamisme des producteurs qui ont augmenté de plus de 60% leurs capacités ». Il ajoute que « la balle est dans le camp du gouvernement ». « C’est à lui de mettre en place un programme de développement de l’agriculture », insiste José Bové. Au cours de cet entretien à bâtons rompus, comme le présente le Cameroon Tribune, le leader paysan français a également été invité à s’exprimer sur les OGM « dans lesquels des gouvernements africains et même le NEPAD (Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique) voient une solution pour lutter contre la faim sur le continent », comme le souligne le journaliste. Reçu au ministère de l’agriculture camerounais, José Bové n’a cependant pas été autorisé à manifester dans les rues de Yaoundé, signale Le Messager, quotidien de Douala. La journaliste de ce quotidien privé francophone précise que cette marche était organisée par Bernard Njonga pour protester contre la décision récente du ministère de re-autoriser les importations de découpes de poulets, à concurrence de 2650 tonnes. « Les autorités administratives n’ont permis qu’un meeting surveillé et une conférence de presse », résume à son tour le quotidien Mutations. Cet autre quotidien privé camerounais publie également une interview de José Bové, présenté comme un agitateur infatiguable depuis le lycée dont il fut exclu, « accusé d’avoir fait, dans une dissertation, l’apologie de la drogue ». Pour en revenir aux poulets, José Bové estime que « les consommateurs ont un rôle essentiel dans le combat des paysans ». « Ce sont leurs choix alimentaires et leurs choix d’achat qui peuvent entraîner une prise en compte de la réalité paysanne, de la souveraineté alimentaire. Les consommateurs doivent boycotter les poulets de carton », poursuit le leader paysan. Mais à en croire le correspondant de RFI à Yaoundé, les défenseurs des intérêts des consommateurs restent préoccupés par le coût du poulet produit localement. Le correspondant, Valentin Zinga, cite le président d’une association de défense des consommateurs camerounais : « c’est un combat pour les producteurs de la filière aviaire. Ce n’est pas le combat des consommateurs », estime le Docteur Samuel Essoungou Ndemba.


Voir en ligne : Le site de l’association ACDIC, présidée par Bernard Njonga

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