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22 novembre 2004, Le Monde, Libération, Marianne, Courrier International, Le Journal de l’Economie (Dakar), Notre Voie (Abidjan) et L’Intelligent d’Abidjan

lundi 22 novembre 2004

Le cacao dans le conflit ivoirien. La Côte d’Ivoire reste numéro un mondial du cacao, malgré la crise, annonce une dépêche AFP sur le site de Courrier International. La dépêche se base sur les déclarations, anonymes, du principal négociant français de cacao, qui explique que le Ghana et l’Indonésie tentent de ravir sa première place à la Côte d’Ivoire mais que « le chemin est encore long pour rattraper Abidjan même si la crise n’est pas réglée rapidement ». La Côte d’Ivoire n’a vraiment pas à s’inquiéter de son rang de leader mondial de cacao, se félicite L’Intelligent d’Abidjan qui reprend l’information en se focalisant surtout sur le Ghana voisin qui « depuis 1977 enrage d’avoir perdu son titre de premier fournisseur mondial au profit de la Côte d’Ivoire ». Le Journal de l’Economie note que le cacao a permis au gouvernement ivoirien de se constituer un important trésor de guerre, par le système des Droits uniques de sortie (DUS) et des autres prélèvements. Ce journal sénégalais, édité à Dakar, souligne que le cacao a permis d’avoir en côte d’Ivoire une classe aisée de paysans, mais que celle-ci « voit chaque année ses revenus diminués par la forte pression fiscale qu’exerce le gouvernement sur cette culture de rente ». Il conteste au passage les chiffres des populations immigrées, Sénégalais, mais aussi Maliens et Burkinabé, publiés par le gouvernement ivoirien, dont il dénonce « le visage xénophobe ». Une analyse partagée dans Le Monde par Eric Le Boucher . « La côte d’ivoire vit de ses exportations agricoles, la main-d’œuvre burkinabé et guinéenne est indispensable dans les campagnes », estime le journaliste. Il souligne à son tour la part de plus en plus élevée des prélèvements de l’Etat sur la récolte de cacao, estimée à 30%, et regrette surtout que les recettes tirées de la "rente" des exportations de cacao, jadis utilisées par Houphouët-Boigny pour maintenir la paix sociale et ethnique du pays, servent désormais « à acheter des armes et, trop souvent, à remplir les comptes en Suisse ». L’ancien président ivoirien n’hésitait pourtant pas lui-même à placer sa fortune en Suisse, incitant même ses compatriotes à suivre son exemple, rappelle Patrick Girard dans Marianne. L’hedomadaire rapporte que "le Bélier de Yamassoukro" était un richissime propriétaire foncier, fondateur du Syndicat des planteurs africains, qui bâtit une immense fortune sur la culture du café, du cacao et des ananas. L’actuel président, Laurent Gbagbo, se réclame de l’héritage du "vieux". Il fut le premier à jeter les bases de la libération de l’Afrique noire sub-saharienne du joug colonial français, rappelle le journal Notre Voie, organe officiel du parti du président Gbago. Dans un éditorial, ce journal proclame que le président ivoirien veut passer de l’indépendance politique à l’indépendance économique : « L’Ivoirien comprendra que son pays n’est pas seulement la locomotive de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (40% du poids) avec ses rangs de premier producteur mondial de cacao et de troisième mondial (et premier africain) de café. La Côte d’Ivoire est surtout et avant tout le premier pays éveilleur de consciences en Afrique noire ». Un programme résumé en deux mots dans Le Monde par Eric Le Boucher : « Chocolat et racisme ».


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