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22 avril 2005, Libération, Sud Ouest, Web-agri et Le coopérateur agricole (Québec)

vendredi 22 avril 2005

Génétique : Vaches et taureaux privés de cornes ? Pourra-t-on encore prendre le taureau par les cornes dans l’élevage du futur ? Alors que l’ablation des cornes de généralise dans les élevages de vaches laitières, la génétique met au point des taureaux sans cornes pour les races bouchères. Dans Libération, Muriel Gremillet présente Palladin SC, un taureau Charolais « peureux » qui va « vivre dans une étable comme un prince, dans la campagne près de Saint-Etienne, pour donner très régulièrement son sperme ». SC, pour "sans cornes", précise la journaliste, qui présente Palladin comme une future « star de l’insémination ». « Aujourd’hui, une grande partie des éleveurs, convertis au productivisme, veulent des vaches sans cornes, dès la naissance des animaux », explique la journaliste, qui ajoute qu’environ 80 % des éleveurs écornent les animaux. Mais l’écornage est dans la ligne de mire de certains pays soucieux du « bien-être animal », poursuit Muriel Gremillet, précisant que les éleveurs doivent abandonner l’écornage traditionnel des bovins aux Etats-Unis, dans certains états du Canada, au Mexique « et sont incités à croiser les vaches avec des taureaux nés sans cornes ». Un article paru dans Sud Ouest pendant le salon de l’agriculture précisait que si les éleveurs peuvent (encore) réaliser eux-mêmes cette opération en France, « au Danemark et en Allemagne, elle doit être le fait du vétérinaire opérant sous anesthésie locale, ce qui n’est donc pas toujours le cas chez nous ». Jean-François Moulian signalait que plusieurs animaux "polled" (sans corne en anglais) étaient présentés cette année au salon. L’article s’intéressait tout particulièrement au travail de société KBS Génétic, installée à Veyrac (Haute-Vienne), sur la race Limousine. On peut voir l’un de ces taureaux Limousins sans corne en photo sur le site professionel Web-agri, qui présente un rapide témoignage de deux éleveurs de Limousines polled. « Les limousins sans corne ne sont pas inscriptibles au Herd-Book Français, alors qu’ils le sont dans les autres pays », regrettent-ils. Sur le même site, Marc Gambarotto, chef de projet à l’Upra France Limousin Sélection, annonce dans une interview que que cela devrait être réglé « dans une dizaine d’années ». « Nous avons importé des taureaux canadiens sans cornes avec un génotype le plus proche possible du Limousin », précise M.Gambarotto. Dans le très francophone Québec, on ne parle pas de "polled" mais de « génétique acère ». Les bovins sans corne sont l’usage dans l’élevage canadien, comme le montre ce reportage chez un éleveur paru en avril 2003 dans Le Coopérateur agricole, magazine des coopératives agricoles québecoises. Créé par la société France Embryons, Palladin SC, lui, a obtenu son inscription à l’index, le registre international qui classe les animaux en fonction de leurs caractéristiques, indique Libération. « Cette immatriculation, c’est la porte ouverte à des enchères sur les animaux qui peuvent dépasser les dizaines de milliers d’euros pour s’acheter un patrimoine génétique », précise la journaliste. Muriel Gremillet ajoute toutefois que la remise d’un prix d’excellence à un taureau sans cornes lors d’une annexe du Salon de l’agriculture a été saluée par la bronca d’une partie du public, scandalisée par la consécration d’une telle lignée. « La naissance et l’inscription à l’index de Palladin SC commencent à faire débat : une vache sans cornes dès la naissance est-elle toujours une vache ? », s’interroge Libération. Sa journaliste termine son article en évoquant les projets de « truies sans dents ». Pour éviter qu’elles dévorent leurs petits à la naissance.


Voir en ligne : Au Canada, la race Angus est naturellement "acère"

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