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21 mars 2005, L’Express, Libération et TSR

lundi 21 mars 2005

Le Brésil, nouveau Far West du soja. Dans le cadre de l’année du Brésil qui démarre en France ce mois-ci, l’hebdomadaire L’Express propose une série d’articles consacrés au nouveau géant vert de l’Amérique du sud. La journaliste Marie Selvon s’attarde notamment dans le Mato Grosso, nouveau « grenier » du pays et même « de la planète ». On y apprend que le gouverneur de cet état amazonien grand comme deux fois la France, Blairo Maggi, est aussi le premier producteur mondial de soja, grâce à ses... 140 000 hectares. Le Brésil a conquis, grâce au soja du Mato Grosso, le titre de superpuissance agricole, affirme Marie Selvon, qui décrit l’ambiance de Far West qui règne dans cet état où le soja tient lieu de monnaie locale. La journaliste annonce la création d’une nouvelle route à travers la forêt amazonienne pour exporter plus facilement et moins cher le soja vers le nord. Pour la télévision suisse romande, cette route est une catastrophe pour la forêt amazonienne et le soja une véritable menace. Contrairement à L’Express qui explique que les terres disponibles se font désormais rares et chères, le reportage de télévision suisse affirme que l’on peut y acheter des millions d’hectares pour une bouchée de pain. L’article de l’Express revient aussi sur l’utilisation des OGM, qualifié de « sujet politique sensible ». Le soja transgénique était théoriquement interdit au Brésil, rappelle Marie Selvon. Mais selon la journaliste, « 90% des planteurs du Rio Grande do Sul utilisent des semences transgéniques importées d’Argentine en contrebande ». Un chiffre déjà cité par l’envoyée spéciale de Libération la semaine dernière. Judith Rueff avait choisi de visiter une coopérative écolo qui tentait de résister au soja de Monsanto. A l’inverse, sa collègue de l’Express explique que les semences transgéniques permettraient de cultiver du soja avec moins de produits chimiques. Elle note que Lula, le président brésilien, a finalement autorisé le soja OGM pour la troisième année consécutive, « contre l’avis de la ministre de l’environnement ». Des légalisations provisoires, ajoute Libération, qui regrette manifestement que le président brésilien préfère « se mettre à dos l’aile écolo de son gouvernement que de perdre une précieuse source de cash ».


Voir en ligne : Le financement de la filière soja et le rôle du troc dans le Mato Grosso analysé par trois chercheurs de l’INRA dans les Cahiers de l’Agriculture

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