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21 février 2008, Le Monde, Le Figaro

vendredi 22 février 2008

De la décimation des abeilles et de l’origine des légumes. Gaelle Dupont recense dans le journal Le Monde l’essentiel des résultats d’une étude de l’Afssa "menée pendant trois ans sur 120 colonies d’abeilles, réparties dans cinq départements (Eure, Gard, Indre et Yonne). L’objectif était de tenter de quantifier et d’expliquer les importantes mortalités d’abeilles signalées par de nombreux apiculteurs depuis le milieu des années 1990." Parmi les responsables présumés, le Gaucho et le Régent. Or écrit Gaelle Dupont "l’usage de l’insecticide Gaucho, incriminé par les apiculteurs, est suspendu depuis 1999 sur le tournesol et depuis 2004 sur le maïs. Le Régent (fipronil), également suspecté, est suspendu depuis 2004." Entre 2002 et 2005, les ruches ont été contrôlées quatre fois et "la mortalité est restée inférieure à 10%, un taux jugé normal" écrit la journaliste. De même lorsque que le Varroa destructor a été repéré "la mort a été différée". D’après l’Afssa, "les pratiques apicoles sont déterminantes." Ainsi, la présence de pesticides dans les ruches ne permet pas de conclure à une relation de cause à effet avec la mortalité des abeilles. Cependant, les pesticides utilisés en trop grande quantité par les apiculteurs pour combattre le Varroa pourraient être responsable de "l’affaiblissement des reines". Pour Philippe Vannier, directeur de la santé animale à l’Afssa, ces résultats "n’ont de valeur que pour l’échantillon considéré, qui est faible. Mais (l’étude) apporte des éléments objectifs et précis dans un dossier où ils font défaut."
Yves Miserey du Figaro revient sur le rapport de l’Afssa. Il rappelle que le rapport n’a pas constaté "de mortalités massives telles que celles décrites par plusieurs apiculteurs". Mais écrit Yves Miserey "la controverse a rebondi avec la récente homologation du Cruiser, un nouvel insecticide produit par Syngenta dont les apiculteurs demandent désormais l’interdiction." Concernant les pratiques apicoles, comme sa consoeur du Monde le correspondant du Figaro observe que "les auteurs révèlent que les traitements antivarroa sont soit inexistants soit mal effectués et donc inefficaces." Le débat et les expertises ne manqueront pas de se poursuivre.
Dans sa chronique Histoires de savoir Jean-Luc Nothias dans Le Figaro du 19 février 2008 se demande d’où viennent nos légumes. Et ils viennent de loin et remontent souvent à la plus haute antiquité. "Il y a deux mille ans, les tables des habitants du pourtour méditerranéen étaient déjà garnies de blé, de raisin, de concombres, de pastèques, de poireaux, d’oignons ou d’ail comme l’indique par exemple la Bible. Mais pas de tomates, de pommes de terre, de haricots, de maïs, de piment... Les Égyptiens, les Chinois ou les Mayas avaient des nourritures qui ne se ressemblaient en rien." écrit notre chroniqueur. Ensuite l’homme s’est mis à cultiver et à créer des espèces. "Pour ce qui est du rôle de l’homme, il faut savoir qu’il y a deux dates clés : il y a un avant et un après les Romains, qui vont diffuser dans leur Empire un grand nombre de plantes, et il y a de même un avant et un après Christophe Colomb." Si l’on en croit Jean-Luc Nothias, beaucoup de nos légumes sont originaires d’Amérique du Sud : le haricot, les tomates, le maïs, la pomme de terre. Comme quoi, il n’y a pas que l’oeuf de Colomb.


Voir en ligne : Les apiculteurs ont le bourdon, une chronique de Valérie Péan, Mission Agrobiosciences, réalisée et enregistrée lors de l’émission Le Plateau du J’Go sur Radio Mon Païs en février 2008

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