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21 décembre 2004, Le Figaro, Le Nouvel Obs, AP,

mardi 21 décembre 2004

La pollution, sujet d’études et de polémiques. La pollution tue, mais faut-il se taire tant que l’on ne sait pas exactement comment ? C’est la question posée en substance par Le Figaro, qui revient aujourd’hui sur les deuxièmes rencontres parlementaires "Santé et environnement" organisées au début du mois de décembre par Nathalie Kosciusko-Morizet. Le journal de Serge Dassault, sénateur (UMP) de l’Essonne, présente la présidente du groupe Santé et Environnement à l’Assemblée nationale comme « une jeune et brillante députée de l’Essonne, polytechnicienne de formation ». Le Figaro ne précise pas que Mme Kosciusko-Morizet est également secrétaire nationale de l’UMP pour les questions d’Environnement, mais il salue son initiative « en dépit de l’hostilité manifeste de certains parlementaires et industriels à ce débat d’actualité ». Contrairement au Nouvel Obs qui n’avait retenu de ces rencontres parlementaires qu’une dépêche de l’AP centrée sur les déclarations du professeur Belpomme, Le Figaro donne aussi la parole à ses opposants. Pour Dominique Belpomme, 75% des cancers seraient causés par des facteurs environnementaux, résume Le Figaro, qui rappelle que le cancérologue, président de l’association Artac (Association pour la recherche thérapeutique anticancéreuse), fut aussi l’instigateur en mai dernier de l’« appel de Paris » contre la pollution chimique. « On ne peut pas déclarer qu’un quart des cancers sont dus au tabac et les trois quarts à l’environnement. C’est oublier le facteur génétique », rétorque Catherine Hill, épidémiologiste à l’Institut national du cancer. L’article cite également Jean-Charles Bosquet, directeur général de l’UIPP (Union des industries de la protection des plantes) : « Non aux campagnes de désinformation qui entretiennent une confusion entre soupçon et risque avéré. Le principe de précaution ne doit pas être appliqué sous la pression des seules présomptions. » La journaliste du Figaro, Catherine Petitnicolas, se garde bien de trancher cette querelle d’experts. En guise de "juge de paix", elle préfère en appeller au directeur général de la Santé, William Dab : « nous passons d’un état d’oubli et de déni à un état d’inquiétude – peut-être excessive. (...) Mais, une chose est sûre, nous sommes face à une incertitude scientifique forte ». Le Figaro retient finalement du débat que les données sont souvent lacunaires en France. En guise d’illustration, Catherine Petitnicolas propose un deuxième article consacré aux études d’un endocrinologue de Montpellier. Le professeur Charles Sultan s’est inquiété du nombre de malformations urogénitales constatées sur 39 bébés masculins sur 1 442 dans une maternité. Les enfants d’agriculteurs et de personnes exposées aux pesticides sont les plus concernés, avec deux fois plus d’anomalies, résume Le Figaro. Le journal rapporte que ces chiffres ont d’abord été infirmés par l’Institut de veille sanitaire avant que son directeur, Gilles Brucker, ne reconnaisse qu’il n’existait aucun registre des malformations et qu’il fallait « améliorer le recueil des données dans ce domaine prioritaire qu’il faut surveiller de près ».


Voir en ligne : EcoHealth, nouvelle revue scientifique lancée en mars 2004 (en anglais)

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