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20 octobre 2005, Libération, Le Monde et Le Quotidien du Médecin

jeudi 20 octobre 2005

Grippe aviaire : les médecins doivent-ils être alarmistes ? Le livre de Jean-Philippe Derenne et François Bricaire sur "la grande menace d’une pandémie de grippe aviaire" (Fayard) est diversement apprécié dans la presse. « Finalement, il n’y a pas que les journalistes à aimer le parfum du scandale, voire à goûter des délices du sensationnalisme », note avec une pointe d’ironie Eric Favereau dans Libération, qui souligne que les auteurs sont « deux grands pontes de la médecine française ». Le journaliste estime néanmoins que cette « mise en scène aux allures de film-catastrophe », qu’il a lu comme un « vrai polar », est « passionnant et surtout d’une grande rigueur scientifique » et rend hommage à « ces deux mandarins (qui) se révèlent de fins pédagogues ». Dans Le Monde, Jean-Yves Nau goûte moins cet « ouvrage ambitieux qui ne cache pas avoir été rédigé dans la fièvre de l’urgence » et regrette surtout « la publicité alarmiste » dont il fait l’objet, « nullement en phase avec la volonté affichée des deux auteurs de lancer "un message de confiance et d’espoir" ». La principale vertu de l’ouvrage, aux yeux du journaliste, est d’anticiper « en examinant collectivement la somme des conséquences d’une pandémie sur d’innombrables aspects de la vie en collectivité ». Dans le Quotidien du Médecin, Richard Liscia estime que « ce qu’ils disent est infiniment utile pour les professionnels de santé et pour les responsables de la santé publique, pas forcément pour le grand public ». Plus généralement, l’article de la publication professionnelle s’interroge à propos de ce qu’il considère comme un « bombardement de détails sur la grippe aviaire, sur la débâcle des neiges polaires, sur la couche d’ozone, sur le risque nucléaire » : où finit l’information et où commence l’intoxication ? Diagnotic du Quotidien du Médecin : il y a « un problème de surinformation », et celle-ci « fait partie des maux nécessaires de notre société ». Ce qui n’empêche pas le même quotidien de publier une interview de l’un des co-auteurs du livre, le professeur Bricaire, qui commence à s’inquiéter à propos d’une « communauté hospitalière (...) insuffisamment informée par rapport au risque ».


Voir en ligne : Précaution et catastrophisme : même combat ? Un séminaire organisé à la Cité des Sciences en 2004 avec Jean-Pierre Dupuy et Olivier Godard

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