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lundi 15 avril 2013

Grippe aviaire, élevages laitier et porcin, agriculture bio… L’agriculture sur tous les fronts

Les dossiers chauds se succèdent ces derniers temps dans l’agriculture, ici comme ailleurs. La semaine passée n’y fait guère exception. Manifestation des éleveurs pour une revalorisation du prix du lait, progression du virus de la grippe aviaire H7N9 en Chine, coup d’arrêt des conversions en agriculture biologique en sont les éléments les plus marquants. Passage en revue des informations saillantes de cette folle semaine agricole dans cet article de la Mission Agrobiosciences.

Lundi. Elevage porcin en recul
« La France a perdu un million de cochons en dix ans et les deux tiers des exploitations porcines ». Dans son édition du lundi 8 avril, 20 minutes revient sur une enquête du service statistique du ministère de l’agriculture relative à la situation de l’élevage porcin en 2010. Le principal enseignement de celle-ci ? En dix ans, le nombre d’élevage a considérablement baissé, passant de 22 300 sites en 2010, à 59 500 en 2000, avec des « effondrements » dans certains régions « historiques » telles que Midi-Pyrénées et l’Aquitaine.
Moins de fermes donc mais des unités bien plus grandes, « la taille moyenne des sites [ayant] été multipliée par 2,5 pour atteindre 620 porcs ». Derrière ces chiffres, une réalité des plus disparates avec d’un côté des exploitations de taille très modeste, 9 cochons environ dit 20 minutes et, de l’autre, des porcheries de grande taille [1], exactement 11 500, qui élèvent en moyenne 1200 porcs avec, là encore, de fortes différences d’une exploitation à l’autre. Reste ceci : selon la note, ces dernières détiennent la quasi totalité du cheptel national – 99% exactement.

Mardi. La grippe aviaire refait surface
Coup de fièvre en Asie. Alors que le Cambodge doit faire face à une recrudescence du virus H5N1, la Chine est confrontée à une nouvelle souche de la grippe aviaire, H7N9. Comme toujours, l’apparition d’une nouvelle souche du virus de l’influenza aviaire ravive le traumatisme du SRAS [2] et la crainte d’une possible épidémie… Pour calmer d’emblée les ardeurs, l’OMS [3] s’est voulue rassurante, ce lundi 8 avril, affirmant « qu’il n’y avait aucun signe d’une transmission d’homme à homme » du virus.
Si le risque d’une transmission inter-humaine semble évacué, les services sanitaires butent néanmoins sur un os. Comme l’explique Bernard Vallat, directeur général de l’OIE [4], « nous avons affaire à un virus influenza très faiblement pathogène pour les oiseaux et qui a la capacité de provoquer une maladie grave chez les personnes infectées ». Une singularité qui complique la tâche des autorités. « Lorsqu’il y a eu le virus H5N1 en Asie en 2003, dès les premiers symptômes, les oiseaux étaient abattus pour protéger l’homme. (…) Là, c’est plus compliqué : vu qu’il n’y a pas de symptômes, on doit faire des tests pour détecter la maladie. Or il est impossible de tester toutes les volailles de toutes les fermes chinoises ».
Fermeture des marchés aux volailles, abattage de milliers de volatiles, interdiction des courses de pigeons voyageurs… Pour prévenir tout risque, les autorités chinoises multiplient les actions, tout particulièrement à Shanghai où ont été détectés la grande majorité des cas.

Mercredi. Agrocarburants : l’Europe dans l’ombre de deux géants.
Deux études viennent tracer le paysage mondial des agrocarburants : l’une réalisée par le cabinet Agrex Consulting à la demande de FranceAgrimer sur les surfaces agricoles consacrées à la production de bioéthanol ; et l’autre qui établit le palmarès prospectif des pays producteurs de ce substitut à l’essence, présentée par le cabinet Global Data. Clairement, les Etats-Unis et le Brésil sortent du lot : le premier conservera sa première place, mais en légère baisse – avec une production prévue de 50 milliards de litres par an d’ici 2020, tandis qu’elle était de 53,4 milliards en 2012 – sur 3,5% de sa surface agricole utile en 2011. Quant au second, s’il y consacre pour le moment seulement 1,9% de sa SAU, il devrait doubler sa production pour arriver à 45 milliards de litres.
Le substitut controversé qui accaparait 0,6% de la surface agricole utile à l’échelle mondiale en 2011, bénéficierait d’une croissance annuelle mondiale de 4% d’ici 2020, pour atteindre à terme 155 milliards de litres. Ce qui restera très insuffisant pour compenser une éventuelle fin du pétrole, puisqu’on en produit actuellement l’équivalent de 33 fois plus.
Loin derrière les deux géants, la Chine, qui préservera sa troisième place, doublera elle-aussi sa production pour atteindre 4,5 milliards de litres en 2020. Les autres pays se contenteront de l’augmenter plus modérément, sachant que l’Allemagne consacre déjà 8,4% de sa SAU aux agrocarburants, la plus grande proportion mondiale, contre 2,5% pour la France.

Jeudi. Le bio fait sa crise d’ado
« Coup d’arrêt des conversions en agriculture bio ». Dans les pages de Ouest France, le Président de l’Agence bio Etienne Gangneron s’inquiète d’un contexte qui n’incite guère les agriculteurs à franchir le pas. Difficulté d’accès au foncier, concurrence des importations à moindre coût, manque de soutien de la restauration collective qui n’intègre que 2% de bio dans ses menus au lieu des 20% prévu par le Grenelle de l’environnement, les raisons ne manquent pas… Mais pour l’homme, elles sont surtout d’ordre économique. On observe « un tassement du différentiel de prix entre les produits bio et non bio qui rend la conversation et sa prise de risque trop aléatoires, alors que les rendements sont moindres par rapport au gain escompté par le producteur ». Un « tassement » qui se révèle très net dans certains secteurs, particulièrement celui des céréales et qui rend de fait le "bio" bien moins attractif que par le passé.
Etienne Gangneron se veut néanmoins optimiste. Ce coup d’arrêt ? « Une crise d’adolescence » passagère…

Vendredi. Les éleveurs ne sont pas des vaches à lait...
Le problème est malheureusement récurrent depuis 2007. D’un côté, le cours des céréales s’affole et avec lui, le prix de l’alimentation animale ; de l’autre, les prix d’achat au producteur dégringolent jusqu’à devenir inférieurs aux coûts de production. Conséquence : les éleveurs sont « étranglés ». Lors des négociations tarifaires de 2013 avec les industriels et la grande distribution, les producteurs laitiers avaient d’ores et déjà tiré la sonnette d’alarme. Ce vendredi 12 avril, ils manifestaient pour dénoncer un système qui les conduit droit « sur la paille faute de mesures d’urgence face à la hausse de leurs charges et au blocage des négociations dans la grande distribution ».
« Nous ne voulons pas être victimes de la guerre des prix que se livrent les enseignes de la grande distribution » a expliqué Xavier Belin, le président de la FNSEA, exigeant une « revalorisation du prix du lait dès la paie d’avril »(Le Point). Réponse du ministre de l’agriculture dans Libération : « le gouvernement met tout en œuvre pour que les prix du lait payé au producteur augmentent rapidement (…) ». Selon le quotidien, Stéphane Le Foll a par ailleurs « mis en cause l’attitude de la grande distribution en plaidant pour un changement de méthode de négociation entre les acteurs de la filière lait qui se résument aujourd’hui, selon lui, à des "rapports de force" ».
Ce dernier comme le chef du gouvernement plaide pour des modifications structurelles du système afin que celui-ci intègre les évolutions des coûts de production et permette de trouver un réel équilibre entre la production et la distribution. En ligne de mire, la loi de modernisation économique (2008) et la loi de modernisation agricole (2010) qui devraient, toutes deux, connaître quelques ajustements...

Revue de presse de la Mission Agrobiosciences, 15 avril 2013.

Sources


[1Plus de 100 porcs ou 20 truies

[2syndrome respiratoire aigu sévère

[3Organisation mondiale de la santé

[4Organisation mondiale de la santé animale

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