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20 juin 2005, Sud Ouest, Le Figaro, Libération et Le Monde

lundi 20 juin 2005

Sécheresse : agriculteurs et centrales nucléaires sur le même bateau ? Les préfets multiplient les restrictions d’eau dans les régions Poitou-Charentes, Aquitaine et Midi-Pyrénées. En Charente-Maritime et en Charente, des cours d’eau sont à sec et des restrictions sont en vigueur depuis des mois. Le Gers et la Gironde viennent à leur tour d’être concernés, signale Sud Ouest, qui craint « une sécheresse estivale aussi grave qu’en 1976 ». Selon le quotidien régional, l’ensemble de la région Poitou-Charentes est la plus touchée de France avec un déficit pluviométrique sans précédent depuis 1948 et des réserves au plus bas. « Le problème de l’agriculture est sans doute le plus préoccupant », estime le journaliste, Thierry Magnol, citant Grégory Boinel, responsable du Réseau national des données sur l’eau (RNDE) : « en été, 80 % de la consommation d’eau part à l’irrigation et cette irrigation est deux fois plus importante qu’en 1976 ». Les restrictions d’eau gagnent l’agriculture, titre Le Figaro, qui signale que l’irrigation a été interdite dans les Deux-Sèvres « à l’exception de quatre zones du département (découpé en 13 zones) pour lesquelles le préfet a entendu la colère des agriculteurs ». L’article ajoute que cette pénurie affecte aussi des barrages d’EDF et inquiète les associations antinucléaires qui demandent l’arrêt de la centrale de Civaux, dans la Vienne, en raison du très faible débit de la rivière. « Les deux réacteurs de la centrale causent l’évaporation quotidienne de 147 millions de litres d’eau », dénoncent les écologistes, repris par Le Figaro. Selon Libération, la centrale de Civaux prélève 345 000 m3 chaque jour dans la Vienne. L’atome risque un coup de chaud, titre le journal, qui annonce à la suite des antinucléaires que le refroidissement des centrales pourrait être perturbé par la pénurie d’eau. « Ces alarmes sont loin d’être partagées par EDF, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) et les gestionnaires des rivières », note toutefois Hervé Morin dans Le Monde. Le journaliste appuie néanmoins la demande des écologistes d’une « totale transparence sur les mesures de débit, de température, mais aussi d’acidité et de taux d’oxygène dans les rivières ». Les problèmes qui peuvent se poser concernent l’impact sur l’environnement, car les centrales rejettent des effluents chimiques et radioactifs. Lorsque le débit des fleuves est faible, leur bonne dilution peut être rendue difficile, explique le journaliste. Selon sa consoeur de Libération, Laure Noualhat, « pour ne pas risquer de dépasser les seuils, EDF a décidé de les relever ».


Voir en ligne : En été, les agriculteurs pompent plus de 4 Mm3 d’eau par mois dans la Vienne, contre 3Mm3 pour la centrale de Civaux, selon le SAGE du bassin de la Vienne (pdf)

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