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1er avril 2005, Le Monde, Libération, Le Figaro et L’Humanité

vendredi 1er avril 2005

Etat de la planète : un rapport alarmiste de l’ONU. Selon plus de 1.300 scientifiques internationaux réunis par l’ONU, 60% des écosystèmes de la planète ont été dégradés par l’activité humaine. La planète vit au-dessus de ses moyens, avertit en titre L’Humanité. Pour Le Figaro, l’écosystème mondial s’épuise. Et l’épuisement de la nature menace le progrès, ajoute Le Monde. Le correspondant du journal à Tokyo, Philippe Pons, et Hervé Kempf, spécialiste des questions d’environnement, expliquent dans un article commun que l’étude a été animée par la Banque Mondiale et par l’université des Nations unies basée à Tokyo et qu’elle « s’inscrit dans une démarche comparable à celle du Groupe intergouvernemental d’experts sur le climat (GIEC), dont le premier rapport en 1990 avait conduit à la Convention sur le climat et au protocole de Kyoto ». Dans un éditorial , Le Monde rappelle que « les premiers à lancer l’alerte sur le réchauffement climatique ne récoltaient que des sarcasmes ou, au mieux, une indifférence polie ». « L’écologie est encore trop souvent considérée, en particulier dans les milieux économiques ultralibéraux, comme une affaire de zozos chevelus, par rapport aux impératifs économiques et à la "profitabilité" des entreprises », regrette l’éditorialiste, qui appelle « les dirigeants politiques européens » à prendre la tête du combat pour « sauver la planète ». « A force de sonner l’alarme et d’empiler les rapports, on risque que plus personne n’y prenne garde », commente Patrick Sabatier dans Libération, ajoutant toutefois que ce rapport « n’est pas le produit de l’alarmisme, parfois provocateur, souvent reproché aux organisations écologistes ». L’éditorialiste souligne que « l’exploitation de plus en plus frénétique des ressources naturelles a permis d’améliorer le sort d’une population en croissance rapide, quoi qu’en disent les critiques du progrès ». « Mais ce développement s’est fait au prix d’une dégradation accélérée de la plupart des écosystèmes vitaux », ajoute Patrick Sabatier, qui estime que « l’humanité est menacée de faillite ». Même constat dans L’Humanité et Le Figaro. « L’accroissement de l’agriculture et de ses rendements a permis de réduire le nombre de personnes victimes de malnutrition et la santé s’est améliorée », souligne Marielle Court dans Le Figaro. « Seulement, le prix à payer est élevé », ajoute Vincent Defait dans L’Humanité. Et ce sont les pays pauvres qui sont les plus exposés aux crises écologiques, reprennent ces deux journaux à la suite des experts du rapport. La journaliste du Figaro retient un « souhait » des auteurs du rapport : intégrer les richesses liées aux écosystèmes dans les comptes économiques des pays. Un thème repris par Jacques Weber, économiste du CIRAD interviewé dans Libération. « Produire sans arrêt davantage, c’est consommer de la nature de manière également croissante. Pire encore, d’un point de vue strictement comptable, la façon de mesurer la richesse a pour conséquence qu’on traite la destruction de la nature comme un accroissement de richesse. On comptabilise comme un plus ce qui est un moins » explique l’économiste, qui a participé à la rédaction du rapport de l’ONU. Le problème, c’est qu’il n’y a « ni enjeu géostratégique important ni enjeu économique, donc pas de formation de groupes d’intérêts et donc pas de gens qui se battent », ajoute Laurence Tubiana, directrice de l’Institut du développement durable, interrogée dans Le Monde. Le rapport de l’ONU a enfin élaboré quatre scénarios pour l’avenir, présentés rapidement dans L’Humanité et plus en détails dans Libération et dans Le Monde. Le scénario qui prévoit la croissance la plus élevée pour les pays pauvres est celui de l’"Orchestration globale", même s’il est négatif par ailleurs, note Hervé Kempf dans Le Monde, qui conclut : « si les pays émergents se donnent pour objectif prioritaire de rattraper économiquement les pays industrialisés, l’avenir de la biosphère est sombre ».


Voir en ligne : Le rapport du Millenium Ecosystem Assessment est disponible en ligne (en anglais)

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