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18 octobre 2007, Libération

vendredi 19 octobre 2007

Celui qui n’a pas peur des OGM et José Bové Dans la page "Rebonds" de libération le 18 octobre 2007 Jean-François Bouhours, Directeur de recherche émérite de l’Inserm à la Faculté de médecine de Nantes, nous invite à ne pas avoir peur des OGM. "Depuis de nombreuses années, dans notre pays, la parole a été monopolisée par les militants anti-OGM qui ont réussi, d’une part à propager chez nos concitoyens la terreur que leur inspirent la création et la diffusion des plantes transgéniques (c’est-à-dire génétiquement modifiées), et d’autre part à terroriser les chercheurs, ingénieurs et agriculteurs qui perçoivent comme dommageable (pour ne pas dire catastrophique) une telle attitude. Pourquoi cette conviction de la nocivité des plantes transgéniques pousse-t-elle certains au terrorisme et d’autres au désespoir ?" écrit Jean-François Bouhours.
Pour l’auteur de l’article, copier un gène de bactérie et le coller dans l’ADN du maïs ne menace pas l’équilibre écologique de la planète. Les chercheurs ne font que reproduire ce que fait la nature depuis des centaines de millions d’années. "C’est même ces copier-coller qui constituent la source principale de la diversité des espèces". Voilà qui ne va pas manquer de susciter des réactions. Ainsi l’ADN s’est diversifiée et rallongée suite à d’innombrables papiers-coller."Notre connaissance du monde change plus rapidement que notre conception du monde. Comme Kepler, Copernic et Galilée ont ouvert la fenêtre sur l’univers, avec les résistances que l’on sait, George Darwin, Gregor Mendel, Rosalind Franklin, Jacques Monod, André Lwoff et d’autres ont ouvert la fenêtre sur les mécanismes de la vie. Doit-on fermer les volets ?" s’interroge Jean-François Bouhours qui voit dans la fabrication d’organismes génétiquement modifiés un joyeux bricolage de gènes ayant entraîné l’apparition de nouvelles espèces. Pas de quoi "tournebouler la France entière quand cette création humaine monstrueuse qu’est le maïs se trouve à nouveau marginalement modifiée par l’homme."
Le jour même et dans le même numéro de Libération dans la rubrique "Grenelle in et off", José Bové, que l’on ne présente plus, réagit au document de travail préparatoire à la table ronde finale. "Sur les OGM, le texte essaie une nouvelle fois de nous faire croire que l’on peut faire coexister toutes les formes d’agriculture sur un même territoire. C’est impossible." Ecrit en substance le leader paysan qui ajoute "en acceptant des seuils de contamination de 0,9%, les politiques et les industriels savent pertinemment qu’ils organisent la pollution de l’ensemble de l’alimentation humaine. Pour moi, c’est inacceptable." Et José Bové de se demander : "Lorsque le paysan bio verra sa récolte contaminée, qui l’indemnisera ? lorsque vous aurez fait manger à votre insu des aliments OGM à vos enfants, quels seront vos recours ?"Les sujets qui fâchent ne sont pas prêts de s’effacer.


Voir en ligne : Entretiens et publications de la Mission Agrobiosciences : OGM et progrès en débat ; un cycle de forums et de points de vue transdisciplinaires

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