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18 novembre 2005, Le Figaro, Libération et La Libre Belgique

vendredi 18 novembre 2005

REACH : les eurodéputés votent le projet de règlementation sur les produits chimiques. Le Parlement européen a adopté jeudi le projet très discuté de réglement sur les produits chimiques (REACH). « Le vote, acquis par une majorité de 407 voix, 155 voix contre et 41 abstentions, l’a été à l’issue de multiples compromis, les seuls à même de pouvoir rallier les eurodéputés conservateurs (majoritaires dans l’Hémicycle), naturellement sensibles aux doléances de l’industrie chimique », explique Le Figaro. Libération titre sur un programme « allégé mais enfin adopté ». La correspondante du journal à Bruxelles explique que « le compromis passé entre les trois principaux groupes du Parlement, conservateurs, socialistes et libéraux, (...) a été vivement critiqué par les Verts ­ soutenus par les socialistes français ». Pierre Avril, journaliste du Figaro, note toutefois que « même les parlementaires français, dont certains jugeaient le texte pas assez « écolo », l’ont adopté ». La Libre Belgique donne la parole à un eurodéputé Vert, Pierre Jonckheer, qui dénonce « un compromis négocié entre le socialiste italien Sacconi, en charge du dossier, et le conservateur allemand Nassauer en qui il voit l’éminence grise de la puissante industrie chimique d’outre-Rhin ». « On n’en serait pas là sans le changement de majorité à Berlin », analyse M.Jonckeer. Libération confirme que l’Allemagne, « qui abrite l’industrie chimique la plus puissante d’Europe », pourrait repousser l’adoption de ce compromis. Dans Le Figaro, Yves Miserey souligne pour sa part que l’industrie chimique française est « la deuxième d’Europe et la quatrième dans le monde ». Il présente le projet Reach comme « une potion amère pour la chimie européenne ». Le Figaro et Libération reviennent chacun à leur façon sur « la guerre de lobbies » qui s’est déchainée en Europe à propos de ce projet de règlementation. Dans Libération, Julie Majerczak rappelle que Gerhard Schröder, Jacques Chirac et Tony Blair avaient signé une lettre commune demandant au président de la Commission « de ne pas porter atteinte à la compétitivité internationale de la chimie européenne ». Même l’Administration Bush est intervenue auprès de ses ambassadeurs en Europe pour infléchir un texte jugé contraire aux intérêts industriels américains, souligne Le Figaro. Le journaliste Pierre Avril rappelle par-ailleurs les « campagnes-choc » du WWF et de Greenpeace mais estime que, « au bout du compte, les entreprises se révèlent les plus influentes ». Le journal reprend l’appréciation d’Anna Maria Ojan Pera, responsable de la communication de la fédération de l’industrie chimique européenne (Cefic) : « les arguments des écologistes ont beau être plus sexy, ils ne reposent pas sur des bases scientifiques ».


Voir en ligne : Le blog de Vincent Nouzille, journaliste, auteur du livre "Les Empoisonneurs"

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