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18 janvier 2005, Courrier International, InfoSud, Le Monde, La Gazette de la Grande Ile et Clicanoo

mardi 18 janvier 2005

Les crevettes et le tsunami. L’industrie de la crevette en Asie n’a pas seulement souffert du tsunami. Deux semaines après la vague meurtrière, les exportations de crevettes de quatre pays asiatiques (Thaïlande, Inde, Chine, Vietnam) ont été frappées par une forte augmentation des taxes à la demande des USA, annonce Courrier International. La Chine et le Vietnam, épargnés par le déchaînement des eaux, ont été touchés de plein fouet par les sanctions américaines, affirme la dépêche AFP reprise sur le site de l’hedbomadaire. Ce sont les lobbies des pêcheurs de crevettes du Sud et de Louisiane qui ont porté plainte contre ces pays, accusés de dumping, explique l’agence InfoSud. « Avec le tsunami, on peut dire que tout reviendra dans l’ordre dans six ou huit mois. Avec l’anti-dumping, on regarde à cinq ans », réagit le président de l’Association thaïlandaise du surgelé. Si l’industrie de la crevette asiatique est présentée comme une victime du protectionisme américain, elle a aussi été montrée du doigt comme un facteur aggravant du tsunami par une écologiste indienne dans Le Monde. « Au cours de ces quelques dernières années de mondialisation gouvernée par le marché, le respect de la fragilité et de la vulnérabilité des écosystèmes côtiers a été sacrifié au profit d’hôtels et de villages de vacances, d’élevages de crevettes et de raffineries », accuse Vandana Shiva, qui souligne que la zone la plus touchée par le tsunami en Inde était aussi la plus affectée par les élevages industriels de crevettes. Les risques causés par la destruction de la mangrove inquiètent aussi à Madagascar. « Pourrait-on affirmer que ces pays asiatiques, qui se sont hissés parmi les nations émergentes grâce à leurs filières exportatrices, ont été rattrapés par le temps », s’interroge Zo Ramanda dans La Gazette de la Grande Ile, qui estime que « cette effroyable tragédie devrait interpeller les pays comme Madagascar à protéger leur écosystème ». Sur l’île voisine de La Réunion, l’éditorialiste du site créole Clicanoo reprend à son tour l’interpellation de Vandana Shiva, estimant que la question est posée non seulement aux pays en voie de développement, mais aussi aux touristes occidentaux. « Car les touristes savent, pour avoir payé leur tribut aux éléments, que s’ils veulent continuer à bronzer tranquille, il leur faudra désormais apprendre à le faire en se souciant de ce qui les entoure », écrit Bruno Testa, qui appelle à un « bronzage écologique et éthique ».


Voir en ligne : "Nous somme tous dans le même bateau", une interview de Michel Serres à propos des suites du tsunami dans La Libre Belgique

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