Accueil > Archives > 18 décembre 2007, Le Monde, Libération, Le Figaro

18 décembre 2007, Le Monde, Libération, Le Figaro

mardi 18 décembre 2007

Bali : un accord difficile qui satisfait Jean-Louis Borloo. En 2100, la mer sera haute. En calcul, les singes se distinguent. Hervé Kempf, envoyé spécial du Monde à Bali relate les dernières péripéties qui ont conduit à l’accord trouvé autour de la conférence sur le climat. "La discussion s’est en effet crispée sur l’inclusion dans le préambule de la décision finale d’un objectif de réduction des émissions des pays développés de 25% à 40% en 2020 par rapport à 1990". Le compromis a été trouvé in-extremis dans la nuit de vendredi à samedi. Personne ne semblait vouloir de référence chiffrée ni d’objectif "mesurables et vérifiables". Comme l’écrit Hervé Kempf "La conférence de Bali a rempli son mandat initial : élaborer un plan de travail précis et fixer une date de conclusion : 2009". Ce qui contente le Commissaire européen à l’environnement Stravos Dimas : "C’est une percée. Nous avons un agenda, nous allons définir les fondations du futur accord, nous avons un sentier bien tracé". Autre point positif, les Etats-Unis ont tant bien que mal rejoint le processus de discussions en estimant que "la lutte contre le changement climatique doit s’organiser dans le cadre des Nations unies" conclut l’article.
Répondant à une interview de Christian Losson de Libération, Jean-Louis Borloo, Ministre de l’Environnement déclare que "quelque chose d’historique s’est produit à Bali". Et il ajoute : "Le fait de se dire qu’il faut agir, qu’il faut bouger, qu’il faut aller vite, tout de suite, est en soi, formidable". Tout en se félicitant des avancées, le Ministre de l’environnement, mesure le travail qui l’attend : "Je tremble déjà à l’idée de pouvoir imposer des traductions concrètes et suivre l’agenda qu’on va s’imposer. En France, et en Europe. D’autant que la France va prendre la présidence de l’UE en juin 2008... ". Dans la dernière partie de son entretien, Jean-Louis Borloo esquisse des visions d’avenir : "Il faut, je le pense sincèrement, repenser nos modèles économiques. Faire notre révolution climatique. Il y avait les économies de marché, les économies dirigées, il reste à inventer une économie écologique."
Marc Mennessier du Figaro nous apprend qu’en 2100 la mer risque d’être très haute. "Il y a 120 000 ans, la fonte des glaciers du Groenland avait entraîné une hausse du niveau des océans d’1,60 m par siècle. Le même phénomène pourrait se reproduire" écrit-il en préambule. A cette époque interglaciaire appelée Eémien "une part importante des zones littorales de très basse altitude, comme la Camargue ou la baie de Somme en France, mais surtout le Bangladesh ou les Pays Bas, étaient noyés sous la mer". Cependant le débat n’est pas clos car au temps Eémien, la cause du réchauffement était d’ordre astronomique, alors qu’aujourd’hui la hausse des températures est due aux activités humaines. Ce qui fait dire à Valérie Masson-Delmotte, chercheur au laboratoire des sciences du climat et de l’environnement (CEA-CNRS) : "Il faut se garder de trop vite extrapoler, car les mécanismes en jeu ne sont pas les mêmes dans les deux cas. La perturbation radiative et donc le rythme de l’échauffement sont beaucoup plus rapides avec un renforcement de l’effet de serre que lors d’une modification de paramètres astronomiques."
Il ne faut pas s’en offenser mais il apparaît que le singe se débrouille aussi bien qu’un étudiant en calcul semble nous dire Hervé Morin du journal Le Monde. Jessica Cantlon et Elizabeth Brannon, de la Duke University en Caroline du Nord en ont fait l’expérience en démontrant "qu’ils sont capables de réaliser mentalement de petites additions, avec un taux de réussite proche de celui d’étudiants." La revue PLoS Biology du 17 décembre nous le confirme. "Nos résultats apportent la preuve définitive que les singes peuvent réaliser des additions mentalement" assurent nos deux chercheuses. "Cette découverte souligne l’existence d’une continuité extraordinaire dans les processus qui gouvernent les pensées numériques chez les primates, humains ou non" ajoutent Jessica et Elizabeth.


Voir en ligne : Quelle élévation du niveau des mers dans le cadre du réchauffement climatique ? Un Cahier de l’Université des Lycéens édité par la Mission Agrobiosciences avec Anny Cazenave, chercheur et directrice adjointe du laboratoire d’études en géophysique et océanographie spatiale à Toulouse

Top