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17 mars 2005, Radio Canada, Le Devoir, Matinternet, Cyberpresse, L’Echo Abitibien, Union des cultivateurs franco-ontariens

jeudi 17 mars 2005

USA/Canada : vache contre missiles, caribous contre pétrole. L’embargo américain sur le boeuf canadien, décrété après la découverte d’un cas d’ESB dans une ferme de l’Alberta en 2003, n’est toujours pas levé. « J’ai peur que le calvaire se prolonge. J’ai peur que cette injonction devienne permanente », déclare le président du Syndicat des producteurs de bovins d’Abitibi-Témiscamingue à L’Echo Abitibien, un hebdomadaire du groupe Quebecor. La Voie agricole, journal de l’Union des cultivateurs franco-ontariens, espère pour sa part qu’il ne s’agit pas d’un report « aux calendes grecques ». Ces deux journaux francophones reviennent sur la décision d’un juge du Montana, qui a donné raison aux éleveurs de bétail de cet état américain, invoquant la crainte d’une « perte de confiance des consommateurs ». Radio Canada note toutefois que le lobby national des transformateurs de viande américains appuie les Canadiens car leurs usines ne tournent plus assez. Mais contrairement à l’optimisme de la radio-télevision canadienne, les titres locaux de la presse professionnelle sont plus pessimistes et soulignent que le Sénat américain s’est à son tour opposé à la levée de l’embargo, contre l’avis du ministère américain de l’agriculture et de l’administration Bush. La frontière pourrait demeurer fermée au boeuf canadien jusqu’à la fin 2006, pronostique Matinternet, citant « un haut dirigeant de l’industrie bovine ». L’embargo, qui ne vise que les bêtes sur pied, pourrait même s’étendre aux carcasses. Pourtant, le président Bush lui même a téléphoné au premier ministre canadien, Paul Martin, raconte Le Devoir. « Bush a appelé pour parler du boeuf, pour rappeler que sa position était en faveur d’une ouverture de la frontière malgré la position prise par le Sénat américain », explique l’attachée de presse du premier ministre. Mais les deux hommes ont aussi évoqué un autre dossier brûlant : le projet de "bouclier anti-missiles" américain, que le Canada vient de "lâcher", au grand dam du président américain. Les deux affaires sont liées, selon un éleveur de l’Ontario cité par la Voie Agricole qui estime que la tournure impromptue des événements est une conséquence du refus du Canada de participer à la mise sur pied du bouclier antimissile. Mais les Canadiens ont aussi des moyens de pression sur les Américains. Ils s’opposent à l’exploitation de pétrole dans une réserve de l’Alaska, souhaitée par Georges Bush, au nom de la protection des caribous de la rivière Porcupine, explique le correspondant du journal La Presse à Washington, dont l’article est repris sur le site Cyberpresse. Le président américain a invité le premier ministre canadien à faire le point sur tous ces dossiers dans son ranch du Texas, le 23 mars, signale une dépêche AFP. Le président mexicain, Vicente Fox, est également invité dans le cadre de l’Association nord-américaine de libre-échange (Alena).


Voir en ligne : Were’s the Beef, une étude de l’Institut de recherche en politiques publiques de Montréal sur le "fiasco de la vache folle" dans le cadre de l’ALENA

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