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16 juin 2005, Libération, le journal du CNRS et La Presse (Tunis)

jeudi 16 juin 2005

L’outarde et le désert du blé. Petite autruche ou grosse perdrix, l’outarde est un oiseau "marcheur" qui se fait rare, en Europe comme en Afrique. La grande outarde a complètement disparu de France au début du XXe siècle rappelle Sylvie Briet dans Libération, et une variété plus petite, l’outarde canepetière, fait désormais figure « de plus grosse espèce d’oiseau de plaine », avec son kilo de plume. En Afrique du nord, l’outarde est accueillie par des kilos de plomb et faute de grande outarde, les chasseurs se rabattent sur l’outarde houbara, dont la chasse touristique est « une activité très lucrative », selon le quotidien tunisien La Presse. Dans le plus pur style de la langue de bois officielle, cet article nous apprend au détour de la remise d’un prix à l’institut des régions arides (IRA) que cet « oiseau du désert » va être élevé en captivité pour mieux être chassé dans le Sahara. La forêt de Chizé, près de Niort, où s’est rendu Sylvie Briet, est beaucoup plus verte, mais les champs de blé alentour sont tout aussi déserts, constate la journaliste de Libération. « La moitié des espèces d’oiseaux qui vivent sur des terres cultivées sont menacées », explique la journaliste, qui note que le nombre d’outardes canepetières, que l’on trouvait jadis partout de l’Ukraine à la France, a diminué de 90 % depuis 1960. Les oisillons ne survivent pas car leur nourriture a disparu, explique Vincent Bretagnolle, chercheur au centre d’études biologiques de Chizé (CNRS). Au passage, la journaliste note qu’une outarde mange 200 criquets par jour. Mais avant même de faire des petits, mâles et femelles outardes ont de plus en plus de difficultés à se rencontrer, notait le journal du CNRS de janvier dernier. « Les mâles aspirent en effet à des zones de végétation rase pour leur parade nuptiale, tandis que les femelles préfèrent se dissimuler, à proximité, dans une végétation plus haute ». Et le journal du CNRS de conclure : « en réduisant les paysages agricoles mosaïques, l’agriculture intensive a fait disparaître l’habitat naturel de l’outarde ». Les outardes reviennent cependant depuis 2003 à proximité de Chizé. Non pas par des lâchers articificiels, mais grâce aux agriculteurs qui acceptent de remettre de la luzerne, de décaler la fauche ou de ne pas employer d’insecticide ou d’herbicide sur les zones en jachère, moyennant des compensations financières, résume Libération.


Voir en ligne : La carte de France de la présence d’outardes canepetières sur le site de Natura 2000

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