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16 janvier 2008, Le Figaro, Libération

jeudi 17 janvier 2008

Suspension des OGM : inquiétudes à l’UMP et parmi les scientifiques. Bientôt, on pourra manger du steak cloné aux Etats-Unis. Qui a dit que l’UMP était un parti godillot ? Personne et surtout pas en ce qui concerne la décision de suspendre le maïs MON 810, la seule espèce de variété cultivée en France. Guillaume Perrault, du Figaro nous explique que le Président de l’Assemblée nationale Bernard Accoyer "a violemment attaqué le secrétaire d’Etat à l’Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet. Jugeant scandaleux que celle-ci ait embrassé José Bové devant les caméras de télévision...". En faisant des bisous à José, la belle NKM aurait-elle cédé aux grévistes de la faim ? se demande Guillaume Perrault. Bernard Accoyer a déclaré qu’"un scientifique devant son microscope, même auréolé du prix Nobel, sera toujours, au journal télévisé de 20 heures, moins médiatique qu’un faucheur volontaire qui vient de détruire une parcelle de culture OGM au mépris des années de travail de recherche, des enjeux alimentaires et des enjeux biomédicaux". Lors de leur réunion de groupe les députés UMP se sont plaints de la "multiplication de comités d’experts qui décident à la place des élus". Jean Léonetti, député des Alpes Maritimes et premier vice-président du groupe UMP a déclaré que "les députés UMP comprennent le compromis politique qu’est le Grenelle de l’environnement, mais ils n’acceptent pas le renoncement scientifique". En écho à cette affirmation Christian Jacob, député de Seine-et-Marne a interpellé Jean-Louis Borloo : "Sur la base de quel faits scientifiques précis allez-vous recourir à la clause de sauvegarde ?". Ce trouble se retrouve dans la Lettre ouverte sur les biotechnologies végétales signée par quarante scientifiques français publiée dans Le Figaro. Les signataires s’étonnent que leur travail soit "peu pris en compte" et rappellent que le MON 810 demeure "le seul OGM actuellement cultivé en Europe (qui) avait obtenu, des instances nationales et européennes de l’époque, un avis favorable." Par ailleurs, les scientifiques se disent "particulièrement inquiets pour l’avenir de la recherche française et la compétitivité de notre filière agro-industrielle." Plus loin ils ajoutent : "Notre risque, soit de manque de compétitivité, soit de dépendance en matière de semences et donc de production agricole, est bien réel." En conclusion, ils invitent à "la poursuite d’une évaluation stricte, au cas par cas, de chaque nouvel OGM (qui) doit rester la règle, garante de la bonne gouvernance et la base d’une confiance partagée sur ces sujets." Si l’on en croit l’AFP relayée par Libération.fr les américains vont pouvoir déguster du steak cloné sous peu. La FDA, l’Agence américaine de réglementation des produits alimentaires a donné son accord à la commercialisation de viande et de laitages qui proviennent de bovins, porcs ou chèvres clonés. C’est "aussi sûr que la nourriture que nous consommons tous les jours" a affirmé le Dr. Stephen Sundlof, responsable de la sécurité des aliments à la FDA. Nos confrères rapportent que : "La FDA ne requerra pas que les producteurs indiquent sur l’étiquetage si leurs produits proviennent d’animaux clonés, mais ces derniers peuvent le faire volontairement." Les firmes américaines de clonage ont salué comme il se doit la bonne nouvelle. Le président de la Biotechnoly Industry Organization (BIO) a déclaré que "le clonage du bétail peut aider efficacement les éleveurs à produire ce que les consommateurs veulent, à savoir une nourriture nutritive, abondante, sûre et de haute qualité." Tout ceci mécontente quelque peu des groupes de consommateurs qui a l’image d’Andrew Kimbrell explique que "la décision non réfléchie de la FDA ignore la volonté du public et du Sénat et ouvre une boîte de pandore." Et conclut Libération.fr : "Des professionnels comme les producteurs de lait sont aussi réticents. Ils craignent que ce feu vert ne nuise à l’image des produits agricoles américains et n’affecte les exportations."


Voir en ligne : Sur le site de la Mission Agrobiosciences lire la restitution de la Conversation de la Maison Midi-pyrénées : Le silence des clones avec Joël Gellin, généticien Inra et Emmanuelle Rial-Sebbag, juriste, plateforme génétique et société de la Génopole Toulouse Midi-Pyrénées

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