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16 février 2005, Le Monde, Libération et Le Figaro

mercredi 16 février 2005

Kyoto, Jurassik Park et les voitures américaines. L’entrée du vigueur officielle du traité international sur l’émission des gaz à effet de serre, signé en 1997 à Kyoto, est abondamment commenté dans la presse. Le Monde consacre un dossier spécial de 4 pages à l’évènement et un éditorial qui sonne comme un soulagement : Kyoto, enfin. Un petit pas pour la diplomatie, mais un grand pas pour l’humanité, estime de son coté Patrick Sabatier dans l’éditorial de Libération, qui publie également plusieurs articles sur ce thème. Le Figaro semble plus mesuré. Le traité ne suffira pas à limiter la hausse des émissions de gaz à effet de serre, souligne Caroline de Malet. Comme tous ses collègues français, la journaliste met en avant le refus des USA de ratifier le traité. L’administration Bush est isolée, analyse le correspondant du Figaro à Washington. Mais alors que son homologue du Monde affirme que Washington est obligé d’évoluer, même « à reculons », Le Figaro a choisi de s’apesantir sur le débat suscité aux USA par la parution d’un livre qui dénonce « le complot climatique ». State of fear (« État de peur »), le dernier best-seller de Michael Crichton, auteur à succès des scénarios de Jurrasik Park et de la série TV Urgences, raconte comment une ONG « méchante » écologiste bascule dans le terrorisme en provoquant un tsunami pour convaincre l’opinion publique de la réalité du réchauffement de la Terre et lever ainsi davantage de fonds, résume Caroline de Malet. Réaction d’Hervé Le Treut, climatologue au CNRS et professeur à l’Ecole polytechnique : « L’opinion publique a une propension au catastrophisme. Elle finit par croire volontiers qu’on utilise ces théories pour rappeler le spectre d’une sorte d’apocalypse et, du coup, ne les prend plus très au sérieux ». Dans une interview à Libération, la présidente d’un centre d’étude américain sur le climat développe un tout autre scénario. Eileen Claussen fait le pari que le gouvernement fédéral finira par harmoniser les initiatives déjà prises par certains Etats pour réduire les émissions de CO2. C’est aussi l’analyse du correspondant du Monde, qui détaille certaines de ces initiatives, comme cette loi californienne sur les voitures moins polluantes. Les Américains se préoccupent du réchauffement climatique, « mais pas suffisamment pour influencer le choix de la voiture qu’ils conduisent ou de la personne pour qui ils votent », résume Eilen Claussen dans Libération.


Voir en ligne : Dans une interview à La Tribune de Genève, Suren Erkman, futur professeur à la Faculté des sciences de l’environnement de Lausanne, évoque le spectre de la voiture individuelle en Chine

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