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15 mars 2006, Jeune Afrique et Nouvelle Expression, Mutations, Cameroon Tribune, Le Messager, The Post (Cameroun)

mercredi 15 mars 2006

Au Caméroun, canard grippé contre poulets congelés. Le Cameroun est le quatrième pays africain officiellement touché par la grippe aviaire, après l’annonce de la découverte du virus H5N1 dans le nord du pays, proche de la frontière avec le Nigéria. « Ça reste circonscrit dans cette ferme où on a dépisté le canard par qui le malheur est arrivé (...) Et c’est une chance pour l’aviculture. L’Extrême-Nord où le virus a été découvert n’étant pas une zone d’élevage industriel en tant que tel », explique Bernard Njonga dans une interview au quotidien camérounais La Nouvelle Expression. Ce "José Bové du poulet camérounais" (notre revue de presse du 23/01/06) émet des réserves sur la confirmation de la présence du virus H5N1 par l’institut Pasteur qui « ne figure pas parmi les trois laboratoires reconnus pour la grippe aviaire de par le monde », affirme Bernard Njonga. Le quotidien anglophone The Post souligne pour sa part le « gap » d’un mois entre la réalisation des tests sur place et l’annonce des résultats. Bernard Njonga incrime également « des importations frauduleuses de poulets » et notamment de 2.500 poussins du Nigéria. Un journaliste du quotidien Mutations décrivait dès le 24 février la frontière « passoire » entre le Caméroun et le Nigéria. Un autre journaliste du même quotidien décrit la ville de Maroua « en état de siège », le 13 mars dernier. Mutations a consacré sa Une du jour à la grippe aviaire, en annonçant « le Caméroun contaminé ». Plus mesuré, le quotidien bi-lingue Cameroon Tribune, pro-gouvernemental, se contentait d’annoncer la présence du virus « à l’extrême-nord du pays ». Dans La Nouvelle Expression, un article décrit la ville de Maroua « endeuillée », mais aussi le septicisme sur le marché. « Nous continuerons à vendre et à consommer ces poulets et canards parce que, le virus à 70°C est quasiment détruit. Donc, aucun risque de contamination. Que ces autorités cessent de nous déranger les oreilles », témoigne un vendeur de volailles. Bernard Njonga va plus loin : « Aujourd’hui, le poulet congelé importé est plus dangereux que le poulet local atteint. Il faut qu’on le sache » affirme le président de l’Association citoyenne pour la défense des intérêts collectifs (Acdic), qui insinue que les volailles malades abattues en Europe ou en Asie sont ensuite envoyées en Afrique. Un article de Jeune Afrique retrace le combat du leader de l’Acdic pour défendre la filière avicole nationale contre les importations. « Il y a encore quinze ans, les Camerounais n’étaient pas de grands consommateurs de poulet, considéré comme un mets de luxe réservé aux grandes occasions (mariages, Noël…) », note Marianne Meunier.


Voir en ligne : un autre article de Mutations dénonce les contrôles sanitaires "à la tête du client" dans les aéroports du Cameroun

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