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15 février 2008, L’Express.fr, Le Monde

lundi 18 février 2008

Les surfaces cultivées en OGM ont augmenté mais on ne nous dit peut-être pas tout. L’Express.fr rend compte sous la plume de Gilbert Charles de l’état du débat entre les partisans et les adversaires des OGM. La polémique n’en finit pas nous dit Gilbert Charles : "le débat, au départ scientifique, s’est transformé en guerre de religion. "Croyants" et non-croyants" se jettent l’anathème en se traitant d’apprentis sorciers ou de nostalgiques réfractaires au progrès." La culture des plantes transgéniques ne cesse de s’étendre, en particulier aux Etats-Unis et en Amérique du Sud. "Omniprésents dans les assiettes des Américains, les OGM restent très discrets dans les supermarchés du Vieux Continent" écrit Gilbert Charles. Cependant, l’on sait que les animaux d’élevages sont bien souvent nourris aux céréales génétiquement modifiées. "En clair, la chair du poulet du dimanche est bourrée de transgénique". Ainsi, "l’enjeu n’est plus technologique, il est aussi sociologique et politique." Questions : "Mais à quoi servent [les OGM] au juste ? Qui en tire bénéfice ? Comment expliquer leur développement fulgurant ?" Le consommateur a-t-il quelque chose a y voir ? Pour répondre à ces angoissantes interrogations L’Express s’est procuré un article de Sylvie Bonny, spécialiste d’agroéconomie à L’Inra, paru dans la revue internationale Agronomy for Sustainable Development. D’où il ressort que "le soja transgénique et le soja conventionnel ont des résultats économiques équivalents, malgré le prix plus élevé des semences. "La différence apparaît de prime abord favorable à l’OGM, mais, si le soja normal est écoulé dans un circuit "garanti sans OGM", il sera vendu plus cher et l’écart devient finalement négligeable", estime la spécialiste de l’Inra." En ce qui concerne la consommation d’herbicide, surprise ! "les OGM ont permis de la diminuer dans un premier temps, mais elle repart aujourd’hui à la hausse ! Le soja transgénique, mis au point par Monsanto, a reçu un gène qui le rend insensible au Roundup, le désherbant fabriqué par... Monsanto." Alors, pourquoi faire le choix des OGM si les différences sont minimes ? "D’abord, parce que cela facilite [le] travail [des agriculteurs], au moins à court terme" nous dit la chercheuse. Ensuite, "le bénéfice peut donc être considérable, certaines années où les attaques sont virulentes : alors que les variétés traditionnelles sont décimées, les OGM survivent. Ce type de maïs présente par ailleurs moins de mycotoxines, des moisissures produites par des champignons microscopiques, dangereuses pour la santé humaine et qui rendent les grains infectés impropres à la consommation." En conclusion Sylvie Bonny affirme que l’"on ne peut pas juger de façon globale et définitive les OGM en général. En France ils cristallisent de nombreuses critiques sur l’évolution de l’agriculture et du modèle économique dominant : la mondialisation, la concentration de l’industrie, le brevetage du vivant.(...). Par ailleurs, on attribue souvent un poids trop important aux semenciers, mais le secteur qui a le plus de poids dans la chaîne agro-alimentaire, c’est l’industrie de la transformation et surtout la grande distribution."
Dans le journal Le Monde du 14 février 2008, Hervé Kempf nous apprend que "les superficies plantées en cultures transgéniques dans le monde ont atteint 114 millions d’hectares en 2007, soit une augmentation de 12% par rapport à 2006, selon l’International Service for the Acquisition of Agri-biotech Applications (Isaaa), un institut basé aux Etats-Unis et financé par des organisations comme la Fondation Rockefeller ou la société Monsanto." Les Etats-Unis, l’Argentine, le Brésil et le Canada concentrent 77% des cultures transgéniques. Les analyses de l’Isaaa sont contestées par les Amis de la Terre (Friends of Earth) qui observent "que de nombreuses analyses montrent l’émergence de résistances aux OGM par les plantes adventices (dites mauvaises herbes) ou les insectes. (...). Globalement, la culture des OGM se traduirait donc par un emploi accru de pesticides, selon les chiffres collectés par l’organisation écologiste." Par ailleurs, l’Isaaa affirme que les cultures transgéniques seraient bénéfiques aux petits paysans du sud. Faux rétorquent les Amis de la Terre, les OGM "permettent aux agriculteurs les plus riches de cultiver plus de surface avec moins de travail, stimulant la tendance mondiale vers des exploitations moins nombreuses, plus grandes et de style industriel."


Voir en ligne : Cachez ces OGM que je ne saurais voir ! le billet de Jean-Claude Flamant, Président de la Mission Agrobiosciences, février 2008

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