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14 novembre 2005, Le Figaro, Le Monde, La Tribune de Genève, agence AP et Sciences

lundi 14 novembre 2005

Néolithique : comment l’agriculture s’est-elle diffusée en Europe ? Alors que le débat fait rage aujourd’hui sur l’intégration de la Turquie à l’Union Européenne, un titre du Monde laisse entendre que l’agriculture est arrivée en Europe en provenance d’Anatolie. Pour autant, les lointains ancêtres des Turcs n’ont pas « colonisé » l’Europe, se rassure Le Figaro. Les deux articles se basent sur les résultats d’une équipe de chercheurs allemands qui ont analysé l’ADN mitochondrial de 24 squelettes vieux de 7.500 ans retrouvés dans 16 sites de fouilles en Allemagne, en Autriche et en Hongrie. Sans entrer dans le détail, la journaliste du Figaro Isabelle Brisson explique que l’étude « va dans le sens de ce que pensaient nombre de spécialistes » et affirme en titre que « l’agriculteur du néolithique était plutôt casanier ». Elle fait appel à un chercheur du Muséum d’histoire naturelle, Jean-Denis Vigne, pour dire en substance que « ce sont les idées et les compétences qui ont diffusé au sein d’un tissu humain peu mobile ». Mais une dépêche de l’agence AP fait état de la réaction plus dubitative de deux universitaires, anglais et américain. Ces conclusions sont « illogiques », juge même Milford H. Wolpof, anthropologue de l’université du Michigan. « Ces résultats ont suscité des réflexions mitigées de la part d’autres spécialistes », signale Christiane Galus dans Le Monde, en expliquant que « le débat fait rage » entre spécialistes. Elle cite des universitaires bordelais et toulousains, mais aussi suisses et anglais. « Une étude réalisée sur l’ADN mitochondrial raconte l’histoire d’un peuplement féminin, qui peut être différente d’un peuplement masculin », précise également un universitaire allemand. Dans le Figaro, Isabelle Brisson préfère souligner que l’ADN mitochondrial, « transmis uniquement par la mère, échappe en principe au brassage ou à la recombinaison de gènes à chaque génération ». Cette étude très commentée en France a trouvé moins d’échos en Suisse, où la presse se passionne davantage pour la découverte d’un carquois vieux de 5.000 ans retrouvé dans un glacier. « Comment passait-on les Alpes durant la préhistoire », se demande La Tribune de Genève, qui annonce également que des études ADN vont être menées sur les nombreux objets préhistoriques libérés par le recul des glaciers.


Voir en ligne : L’étude des chercheurs allemands sur le site de Science (en anglais, nécessite un abonnement-gratuit)

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