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13 avril 2006, Sann Fina et Sidwaya (Burkina), Le Messager et Mutations (Cameroun)

jeudi 13 avril 2006

Grippe aviaire en Afrique : le point au Cameroun et au Burkina Faso. Le virus H5N1, détecté pour la première fois sur le continent africain au Nigéria, vient d’être repéré au Burkina Faso. Au Cameroun, pays voisin du Nigéria, la presse refuse de parler d’épidémie. « Non à la psychose », titre le quotidien burkinabé Sidwaya, qui indique que « le premier foyer découvert dans une banlieue de Ouagadougou à Gampèla, dans le campement « Le Pharaon » allonge la liste d’influenza aviaire hautement pathogène H5N1 en Afrique », mais qu’« il n’y a pas lieu de paniquer ». L’hebdomadaire San Finna, plus alarmiste, dénonce la « légèreté dans la réaction des autorités » et des « manquements inacceptables ». Dans un style très fleuri, ce magazine désigne du doigt « l’élevage d’agrément » de Ferdinand Ouédraogo dit « Prince Isaac », car la maladie a été repéré dans son « camping ». Prince Isaac est « un personnage connu de tout le Burkina Faso et même de pays voisins, pour son amour des animaux de toute espèce », explique l’hebdomadaire, qui publie une interview, haute en couleur, de ce personnage répétant à plusieurs reprises qu’il n’est pas « un vulgaire criminel comme Charles Taylor ». « Prince Isaac est un homme qui aime l’aviculture. Avec ce qui s’est passé, il doit à l’avenir prendre des précautions s’il veut poursuivre cette activité qui faisait se déplacer beaucoup de monde », ajoute un vétérinaire, également interrogé par l’hebdomadaire. Au Cameroun, le quotidien Mutations a également consacré tout son "dossier du lundi" à la grippe aviaire. Avec un titre choc : « Au secours, le virus attaque ». Et des paroles rassurantes, puique le dossier ambitionne de « permettre aux Camerounais de mieux s’armer face à cette maladie » et de « les amener à adopter des attitudes saines ». Un premier article témoigne ainsi de « la sérénité légendaire à Malapé », village où fut détecté le virus dans le pays, alors qu’un deuxième souligne que « la psychose fait plus de victimes que la maladie ». Mais le dossier reprend surtout la réflexion d’un vétérinaire, Samuel Esoungou Ndemba, qui ose poser la question : « La grippe aviaire existe-t-elle réellement au Cameroun ? » Cette réflexion avait déjà été publiée la semaine précédente dans Le Messager, un autre quotidien camerounais. « Nous avons deux canards morts déclarés infectés au H5N1, à 400km et à un mois et demi d’intervalle, sans aucun signe clinique d’atteinte grippale chez d’autres animaux : on ne peut honnêtement en conclure que le Cameroun vit une épizootie de grippe aviaire », martèle le vétérinaire.


Voir en ligne : Dans un rapport publié en février dernier, l’ONG GRAIN dénonce "le rôle central de l’industrie de la volaille dans la crise de la grippe aviaire"

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