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12 juin 2006, Le Monde, Agence Mauritanienne d’Information, Radio Chine Internationale, Reports Magazine et Afrik.com

lundi 12 juin 2006

L’Afrique s’appauvrit aussi par ses sols. Les terres agricoles africaines sont de moins en moins fertiles. 85% des terres arables ont perdu en moyenne 30 kilos de nutriments par hectare chaque année, de 2000 à 2004, selon une étude de deux chercheurs du Centre international pour le développement des fertilisants (IFDC), rendue publique à l’occasion du Sommet africain pour les fertilisants, qui s’est ouvert le 9 juin à Abuja (Nigeria). « L’objectif de ce sommet est de déterminer des stratégies pour revitaliser l’agriculture africaine et y faire prospérer une "révolution verte" », explique Hervé Morin dans Le Monde, seul journal généraliste à se pencher sur la question en France. Ce sommet a aussi retenu l’attention de Radio Chine Internationale, qui reprend un autre élément chiffré de l’étude de l’IFDC : la perte des nutriments du sol africain représentent « l’équivalent de 4 milliards de dollars de fertilisants ». « Pour fertiliser le continent, il faut de l’argent », souligne l’agence Mauritanienne d’Informations (AMI), qui explique qu’un sac d’engrais coûte environ 1.700 naira (13 dollars, 10.4 euros) au Nigéria, « en dépit des subventions gouvernmentales ». Un article de l’agence Syfia, publié dans Reports, le magazine d’une ONG canadienne, alertait dès 1999 sur la difficulté des paysans togolais à se procurer de l’engrais, surtout pour les cultures vivrières. Les fertilisants, à en croire le journaliste, Honoré Yaovi Tchalim Blao, étaient quasiment réservés à la culture du coton. Citant Alain Ruellan, professeur émérite des sciences du sol, Hervé Morin estime que plus d’1 milliard de paysans n’ont pas accès aux engrais chimiques. Aussi faut-il trouver des alternatives en développant l’utilisation d’engrais organiques et en conservant sur place la paille, qui permet la fabrication de l’humus et la fixation de l’azote, expose le journaliste du Monde. A titre d’illustration, le site Afrik.com publie un article sur une expérimentation de restauration de la fertilité des sols au Burkina Faso par microdosage. « Des terres ou plus rien ne poussaient, que cédaient volontiers les populations, sont devenues des trésors pour les paysans », se felicite la journaliste Falila Gbadamassi. Cette journaliste, qui avait déjà publié en primeur les résultats alarmistes de l’étude de l’IFDC au mois d’avril dernier, affirme cette fois en titre que « l’épuisement des sols africains n’est pas irréversible ». Dans une interview au Monde, un agronome britannique, Ian Scoones, affirme qu’une "révolution verte" est « une nécessité » en Afrique. « Cependant, elle n’arrivera pas de la même manière qu’en Asie, dans les années 1960 et 1970. Il faudra une approche plus patiente, s’appuyant sur les systèmes agricoles locaux plutôt que visant à leur remplacement », avertit ce chercheur de l’université du Sussex, très critique envers un précédent programme international pour la fertilisation de l’Afrique, « lancée en fanfare en 1996 » et qui s’est « effondrée lors de sa mise en oeuvre », notamment « parce que les producteurs d’engrais n’ont pas vu se profiler des sources significatives de profit ».


Voir en ligne : Le site de l’International Fertilizer Development Center (IFDC), ONG américaine basée en Alabama

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