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11 juillet 2005, Le Figaro et Le Monde

lundi 11 juillet 2005

La science, avenir de l’Afrique ? Au lendemain du sommet du G8 largement consacré au développement de l’Afrique, Le Figaro et Le Monde ont choisi de mettre en avant deux personnalités africaines, un Malien et un Burkinabé, qui ont pour seul point commun de croire encore aux vertus de la science pour faire décoller le continent. L’astrophysicien Cheick Modibo Diarra, qui travaille pour la NASA et a dirigé la mission martienne Pathfinder, est un « héros national » au Mali, indique Le Figaro. Cultivateur de coton au Burkina, François Traoré a été surnommé le José Bové africain, « à son grand agacement », précise Le Monde. Les deux journaux insistent sur le taux d’analphabétisme de leurs pays respectifs. « Miracle dans un pays où le taux de scolarisation n’atteint toujours pas 45 % », François Traoré a fait ses "six classes primaires", précise Philippe Bernard, qui présente le leader agricole comme « un lettré dans un monde paysan largement analphabète ». Quant à Mobido Diarra, il se présente lui-même comme un « exilé scientifique » et Vincent Gaullier le définit comme « un de ces enfants prodigues qui retournent au pays pour y faire vivre un espace de recherche », précisant que le Mali possède un analphabétisme supérieur à 80%. L’article insiste sur la présence d’« oasis de science au Mali ». « Au Mali, des secteurs de pointe comme l’énergie solaire ou encore l’amélioration des plantes pourraient faire demain la réputation internationale du pays, à l’image de la recherche sur le paludisme déjà couronnée », souligne le journaliste. Il note toutefois que le laboratoire d’agrophysiogénétique et de biotechnologie végétale d’Alhousseini Bretaudeau, qui travaille sur l’amélioration « des plantes qui n’intéressent pas les multinationales du Nord (sorgho, mil, variétés subsahariennes de riz) », n’a pas réussi à constituer une masse critique de chercheurs, faute de pouvoir éviter la fuite des cerveaux ; « la vraie, celle que nous vivons, nous autres Africains, avec un tiers de nos chercheurs exilés. Pas celle que les Français croient vivre, qui s’apparente davantage à la migration naturelle des chercheurs à travers le monde », explique l’agronome. Au Burkina, le producteur de coton François Traoré est « intégré à l’équipe qui, en collaboration avec la firme américaine Monsanto et la société helvético-britannique Syngenta, expérimente le coton transgénique, dont les autorités burkinabées attendent beaucoup », relate le journaliste du Monde. Philippe Bernard souligne que contrairement à José Bové, qu’il a rencontré sur le Larzac, François Traoré se déclare favorable aux OGM. « Nous ne vivons pas dans la même société : les producteurs français ont un robinet dans leur maison et du goudron devant leur porte. Ici, ils boivent dans la même mare que les animaux. Si la science permet d’améliorer la production sans nuire à l’environnement et que les gens s’approprient cette découverte, je ne vois pas pourquoi nous la refuserions », explique-t-il.


Voir en ligne : "Je ne suis pas contre les OGM", expliquait François Traoré en avril dernier au Faso.net

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