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11 décembre 2006, The Guardian, The Times, Libération, Nouvel Obs.com, News Environnement et la lettre Bio Services

lundi 11 décembre 2006

Le cancérologue britannique et l’argent de Monsanto. Sir Richard Doll, un éminemment scientifique britannique rendu célèbre pour avoir démontré les effets du tabac sur le cancer, a-t-il vendu sa réputation aux industriels de la chimie ? C’est ce que suggère un article paru vendredi 8 décembre dans les colonnes du quotidien The Guardian. Annobli par la reine, Richard Doll, décédé l’an dernier, aurait touché dans les années 80 jusqu’à 1.500 dollars par jour de Monsanto, aujourd’hui « plus connu pour son activité commerciale dans les OGM mais alors l’une des "majors" de la chimie », écrit notamment le quotidien britannique. En France, Libération reprend l’information dès le lendemain en présentant sir Doll « à la solde des industriels », assorti toutefois d’un point d’interrogation et en livrant les informations du Guardian au conditionnel. Le journaliste Dino Diméo écrit toutefois que ces allégations ont « de quoi mettre en doute certaines de ses conclusions scientifiques ». La plupart des autres reprises des informations du Guardian se cantonnent en France à la sphère Internet. Le site du Nouvel Observateur annonce en ligne de façon moins tonitruante que le chercheur a été « rémunéré par l’industrie chimique ». L’article s’attarde surtout sur les conclusions de Sir Doll niant les effets cancérigènes de l’agent Orange, un herbicide utilisé par les USA au cours de la guerre du Vietnam, produit par Monsanto. « Il est aujourd’hui prouvé que l’agent Orange est responsable de maladies diverses, dont de nombreux cancers dans la population vietnamienne », affirme Le Nouvel Obs. André Bouny, président du "comité international de soutien aux victimes vietnamiennes de l’agent Orange", réagit immédiatement sur un site qui se revendique "anti-impérialiste" : « si Sir Richard Doll a vendu son âme au diable, cette révélation risque d’affaiblir considérablement la défense des compagnies chimiques et changer la donne du procès des victimes de l’Agent Orange en cours à New York ». Au passage, ce militant fait référence à un autre site qui présente également sir Doll comme « un consultant secret du secteur industriel de l’amiante ». Il s’agit en fait du compte-rendu par un couple de militants écologistes d’un colloque organisé à Paris en 2004 par le Dr Belpomme, édité dans une petite feuille de liaison locale du sud de la Gironde. News Environnement, le site d’une société lyonnaise spécialisée dans la veille envitonnementale, fait également mention de cette accusation. Son rédacteur, Pierre Melquiot, fait judicieusement le lien entre les révélations du Guardian et l’examen au Parlement européen du projet Reach qui doit, rappelle-t-il, « permettre de diminuer les risques de cancer liés aux produits chimiques ». Il souligne que le lobby des industries chimiques opposées au projet Reach s’était appuyé sur les travaux du Dr Doll pour affirmer que les produits chimiques n’étaient responsables que de 2% des cas de cancer.


Voir en ligne : Le Times publie une lettre de soutien à l’intégrité des travaux du Dr Doll signés par d’autres scientifiques britanniques

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